SEMINAIRE : Seconde séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones»

La seconde séance du séminaire de recherche animé par l’équipe SOGIP (ERC 249236) «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones», coordonné par Irène Bellier (IIAC/LAIOS-SOGIP) et Martin Préaud (LAIOS-SOGIP) se tiendra le jeudi 8 décembre 2011, de 9h à 13h, à l’EHESS, salle M. et D. Lombard, 96 bd Raspail, 75006 Paris.

Le séminaire est ouvert à tous. (Il a lieu le 2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, du 10 novembre 2011 au 12 avril 2012).

Séance 2 du 8 décembre 2011 :

« Les droits des peuples autochtones dans l’espace français : dilemmes de la reconnaissance »

Thomas Pierre (IIAC-EHESS): « Pays basque : l’autochtonie contre l’autochtone ? »

Notre intervention portera essentiellement sur la partie française du Pays basque ou Euskal Herria,  littéralement le « Pays de la langue basque », au regard de la position de la France sur la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones. Pour rendre compte de la manière dont le registre de l’autochtonie affecte les stratégies adoptées et les catégories utilisées, nous témoignerons des postures respectives de trois groupes d’acteurs, les pouvoirs publics, les militants de la cause basque et les opposants à toute forme d’institutionnalisation de l’expression basque. Nous nous consacrerons tout particulièrement à décrire la manière dont ces différents acteurs instrumentalisent, réinvestissent, contournent et/ou reformulent l’idée de singularité basque, socle à partir duquel s’est historiquement construite l’ethnogenèse locale. En effet, l’idée de singularité basque sert-elle à revendiquer le droit à la différence (autochtonie) ou justifie-t-elle la revendication du droit à l’égalité (citoyenneté, parité culturalo-linguistique) ?

Benoît Trépied (CNRS-CREDO, membre de l’équipe SOGIP) : « Des réappropriations concurrentes ? Nationalistes kanak, Etat français et mouvement ‘néo-coutumier’ en Nouvelle-Calédonie face aux droits des peuples autochtones. »

Cet exposé a pour but d’examiner les conditions et les limites de l’introduction et de la reconnaissance du registre onusien de l’autochtonie en Nouvelle-Calédonie, en tant que reformulation inédite d’une revendication d’autodétermination et de souveraineté en dehors du schéma « classique » de l’indépendance statutaire. Il se penchera en particulier sur les diverses réappropriations dont ce registre a fait l’objet depuis une décennie environ, de la part des leaders indépendantistes kanak, des dirigeants de l’Etat français, et des représentants dits « coutumiers ». De fait, pour l’ensemble de ces acteurs et par-delà leurs différences et leurs oppositions, la question des droits autochtones proclamés par les Nations Unies en 2007 est systématiquement pensée en référence à l’Accord de Nouméa, signé en 1998 et qui organise dans l’archipel un processus sans précédent de décolonisation progressive jusqu’en 2018. Nous tenterons dès lors d’examiner dans quelle mesure les différentes significations que revêt le registre de l’autochtonie en Nouvelle-Calédonie peuvent renvoyer à la pluralité des perspectives politiques ouvertes par l’Accord de Nouméa lui-même.

Stéphanie Guyon (MCF Université d’Amiens-CURAPP, membre de l’équipe SOGIP) : « Contraintes institutionnelles et crise du mouvement amérindien : le déclin de l’autochtonie en Guyane »

La référence à l’autochtonie a été centrale dans le processus de constitution et d’institutionnalisation du mouvement amérindien de Guyane du début des années 1980 à la fin des années 1990. A la fin des années 1980, bien que de manière relativement détournée, l’Etat français a satisfait de fait certaines revendications formulées au nom de l’autochtonie en élaborant un dispositif foncier spécifique aux Amérindiens et Noirs-marrons. Toutefois aucun autre dispositif « autochtone » n’a été mis en œuvre depuis lors. Nous analyserons cette absence de prise en compte de l’autochtonie dans les politiques publiques au regard de la configuration politique et institutionnelle de ce département d’outre-mer. Nous envisagerons également les liens entre cette spécificité institutionnelle et la crise que traverse le mouvement amérindien depuis 10 ans.

Présentation générale du séminaire :

Ce séminaire du LAIOS, animé par les membres de l’équipe SOGIP (ERC 249 236), s’inscrit dans la perspective ouverte par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones. En constituant un nouveau sujet du droit international à la fois en deçà et par-delà des États-nations constitués, la Déclaration suscite de nombreuses réflexions quant à la mise en œuvre du principe d’autodétermination et à ses ramifications politiques globales aussi bien que locales. Le séminaire abordera la question de la circulation, de l’appropriation ou du respect des standards énoncés dans la Déclaration, par les Etats et les organisations des peuples autochtones, ainsi que d’autres acteurs, tels que les compagnies minières transnationales ou les organisations de défense des droits de l’homme. Quelles sont les conditions de possibilité et les formes d’une autonomie politique pour les peuples autochtones ? Comment la reconnaissance globalisée des peuples autochtones pèse-t-elle sur leurs projets de société ? Entre protection des différences culturelles et inscription dans la modernité, comment surmontent-ils les contradictions des programmes internationaux , des politiques nationales et des attentes locales ? Chaque séance sera le lieu d’une comparaison entre des configurations nationales distinctes afin de dégager les enjeux et les impacts de la Déclaration, grâce à la présentation d’études de cas, suivie d’une discussion comparatiste et critique.

Voir la présentation du séminaire sur le site de l’Ehess

Thèmes des séances suivantes :

3) 12 janvier 2012 — (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail)

Effets de la Déclaration dans le monde latino-américain : la question des autonomies autochtones : Bolivie, Mexique, Panama, Colombie

4) 9 février 2012 — (salle 4, 105 bd Raspail)

Peuples Autochtones, Conservation et Développement : territoires et politiques publiques de l’environnement 1 : Inde, Australie

5) 8 mars 2012 — (190 avenue de France, 75013 Paris)

Peuples Autochtones, Conservation et Développement: territoires et politiques publiques de l’environnement 2: Botswana, Namibie, Argentine

6) 12 avril 2012 — (190 avenue de France, 75013 Paris)

Autochtonie et déplacements du politique : global/local, mobilisations et formes organisationnelles : équipe SOGIP

A CONSULTER :

la bibliographie générale du séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones est téléchargeable ici

La bibliographie de la session 1 : Approches anthropologiques de la Déclaration des Droits des Peuples Autochtones : regards croisés depuis les terrains des Nations Unies et de l’Australie ici

Voir la présentation d’autres séminaires sur le site web sogip

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