RIO+20 : La CAOI présente ses propositions pour le Draft Zéro

Les autorités des organisations représentatives des peuples autochtones andins de Bolivie, d’Equateur, de Colombie et du Pérou formant la Coordination Andine des Organisations Autochtones (CAOI) se sont réunies les 14 et 15 mars derniers à Lima dans le cadre d’un séminaire de discussion sur le Changement Climatique et la Réunion Río+20.

D’un commun accord interne, la CAOI s’alliera à l’ensemble des peuples autochtones d’Abya Yala (continent américain) et des autres continents pour influer sur le contenu du dit « Draft Zéro » qui sera débattu à Rio.

Les principales propositions de la CAOI sont les suivantes :

– Globaliser la proposition de Bien Vivre  (Buen Vivir, « Sumak Kawsay, Sumak Qamaña, Allin Kawsay ») face au changement climatique ; Formuler un appel à la communauté internationale pour réfléchir aux causes réelles de la crise climatique et faire adopter une approche holiste des problèmes.

« Pour les peuples autochtones, les solutions exclusivement techniques économiques ne sont pas viables pour sortir de la crise environnementale. La solution doit être intégrale parce que tout est inter-relié, tout est un seul corps, un seul écosystème. Dans ce cadre, nous, les peuples autochtones, nous affirmons que la biodiversité naturelle et la biodiversité culturelle sont  liées et doivent être protégées de la même manière. Cela implique le respect des cultures, des connaissances et des pratiques ainsi que qu’une plus grande gestion des peuples et communautés qui habitent les zones de haute biodiversité ».

– Le Draft Zéro doit reconnaître et protéger les connaissances ancestrales des peuples autochtones et protéger leurs sites sacrés.

« La récupération et la protection des savoirs ancestraux collectifs des peuples autochtones doivent être garanties. Doit être explicite le fait que ces savoirs ne peuvent être violentés par aucun accord normatif de protection de la propriété intellectuelle en faveur des entreprises privées. Aucune mesure de protection de la propriété intellectuelle doit constituer un obstacle pour le transfert de technologie, qui est une obligation des pays du Nord. D’autres questions absentes du Draft Zéro doivent être discutées comme la nécessité de conservation des fonds hydriques ; l’urgence avec laquelle les états s’accordent sur des actions garantissant la sécurité et la souveraineté alimentaire ; la mise en place de politiques de biosécurité clairement définies ».

– En termes de droits,

« Doit être expressément reconnue la garantie à la participation pour tous les peuples et les cultures au cycle des politiques liées à l’économie verte et au développement durable. De même, doivent être établis, en respect de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, des systèmes de garantie et de contrôle sur le processus de mise en place et de financement des politiques et des programmes de développement durable et d’économie verte. Il est notamment  nécessaire de réaffirmer le droit à la consultation préalable, libre et informée des peuples et communautés locaux concernés. Pour cela, le Draft Zéro doit explicitement faire référence à la Convention 169 de l’OIT et non pas seulement à la seule Déclaration des Nations Unies précédemment citée.

Le document fait référence à la Pachamama, mais ne rend pas explicite la nécessité d’une Déclaration des Droits de la Terre-Mère. Cela doit être lié à un instrument juridique comme le Tribunal de Justice Climatique qui sanctionne les actes qui portent atteinte aux droits de la Terre-Mère.

– Equité de genre

« La Coordination des Femmes de la CAOI a réalisé une réunion préalable au séminaire de discussion. Cette coordination propose que le Draft Zéro considère la vision des femmes, l’enfance et la jeunesse de manière transversale. Inclure la reconnaissance de la femme autochtone comme agent transmetteur des savoirs autochtones à travers la langue maternelle. Rendre explicites les effets du changement climatique pour la femme (migrations, plus de responsabilités) et accorder des mesures pour traiter ces problèmes. Garantir le droit d’accès aux territoires des femmes pour assurer la survie des peuples.

Lima, 16 mars 2012,
 CAOI.

Sources : Diplomacia Indigena.

Le document rassemblant les propositions de la CAOI [Esp]

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