Séminaire : Images et politiques de l’autochtonie : du terrain à l’internet-Séance du mardi 20 novembre : Polynésie française, politique, langues et culture

Séminaire  Images et politiques de l’autochtonie : du terrain à l’internet
organisé par Irène Bellier, directrice de recherche au CNRS (IIAC/LAIOS), Jessica De Largy Healy, postdoctorante, Barbara Glowczewski, directrice de recherche au CNRS  (LAS), Marie Salaün,professeur  à l’Université de Nantes  (IRIS)

Prochaine séance à l’EHESS – amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris – de 10h à 17h

Mardi 20 novembre 2012 : Polynésie française, politique, langues et culture

10 h-13 h : La projection d’un documentaire tahitien permettra de présenter l’histoire et les enjeux contemporains des Tahitiens et d’autres insulaires de la Polynésie française.
L’élu du peuple – Pouvanaa, Te Metua (53’) de Marie-Hélène Villierme, réalisatrice et productrice de TUATAU PRODUCTION (Prix du Fifo 2012).
« C’est à la fin des années 40 qu’apparaît dans les Établissements français d’Océanie (la Polynésie française aujourd’hui) une vie politique locale. Pouvanaa a Oopa, premier Tahitien élu député en 1949, est aussi le leader charismatique du premier parti politique, le RDPT (Rassemblement des Populations Tahitiennes). Il s’oppose avec force à l’administration coloniale française à en devenir très gênant lorsque le choix d’implanter un centre d’expérimentations nucléaires dans le Pacifique est pris. Au nom de la raison d’État, une stratégie se met en place pour isoler l’homme par qui le plan national pourrait échouer. Victime d’une machination, en octobre 1958, il est arrêté, emprisonné et condamné à 15 ans d’exil. La destinée de Pouvanaa a Oopa est fortement liée à l’histoire de son pays. Les dates de vie et de mort (1895-1977) de celui que le peuple appelle le Metua (« le père ») s’insèrent entre deux faits hautement symboliques : l’année de sa naissance marque la signature du traité d’annexion de son île natale par la France. L’année de sa disparition coïncide avec celle de la mise en place du premier statut d’autonomie de gestion du Territoire de la Polynésie française.
Mis en images pour la première fois à partir d’archives et de témoignages importants, le destin politique de Pouvanaa a Oopa, l’orchestration de sa mise à l’écart, nous sert de fil rouge pour traverser une page peu connue et pourtant décisive de l’Histoire polynésienne récente. »

14 h-17 h :Savoirs autochtones et savoirs scolaires : le cas du ‘Ōrero (art déclamatoire) dans les écoles en Polynésie française aujourd’hui
Nous commencerons par revenir sur la renaissance des langues et cultures polynésiennes à travers une courte présentation de l’oeuvre de Henri Hiro (extraits de portraits, déclamation du poème Ariipaea-Vahine, court-métrage réalisé par Henri Hiro, 20’). La traduction du tahitien au français sera assurée par Mahinui Tau. Puis nous projetterons un outil pédagogique destiné aux enseignants des écoles primaires (‘Ōrero, l’art déclamatoire à l’école élémentaire, produit par la Direction de l’enseignement primaire de la Polynésie française, 15′), avant de montrer des extraits de la version 2010 de la prestation sur scène des lauréats du concours (20’). A travers cette initiative récente (2008), il s’agit de s’interroger sur les enjeux de la « scolarisation » des langues et cultures autochtones. Que fait-on à ces langues et cultures quand on les enseigne à l’école? Que fait-on à l’école quand on lui demande de transmettre ces langues et ces cultures?

Thématique du séminaire
À la suite des années précédentes, nous proposons un séminaire de master et de recherche sous forme de 4 journées consacrées à l’analyse de films faits par, avec et sur des Aborigènes, des Amérindiens, des Polynésiens ou d’autres peuples qui ont participé à l’élaboration de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (ONU, 2007). La dernière décennie a vu une accélération de films sur les situations et luttes autochtones, à caractère ethnographique, documentaire ou fictionnel, dans lesquels des peuples spoliés se dressent comme protagonistes de leur propre histoire. Depuis la création de YouTube et d’autres plateformes de partage, la population civile met en ligne de plus en plus d’images, à la fois messages politiques et divertissement : la Toile offre ainsi un nouvel outil d’appel à des soutiens, des campagnes de mobilisation contre les abus et de visibilité mondiale pour la mise en valeur des cultures et langues autochtones.
Les productions filmiques s’inscrivent dans une réappropriation de leur histoire par les peuples concernés qui explorent la colonisation et les problèmes contemporains tout en mettant en valeur leurs visions critiques, leurs savoirs, leurs patrimoines, leurs spiritualités et diverses formes de créativité. Face à cette prise de parole et de mise en scène, l’anthropologie est mise au défi et agitée de divers débats que nous évoquerons à l’occasion de chaque séance.

Séance suivante

Mardi 11 décembre 2012 : Cinéma communautaire et Travaux d’étudiant.e.s

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