Soutenance de la thèse de Sabrina Melenotte sur les rapports de pouvoir et de domination chez les tzotzils de Chenalho au Chiapas -12 novembre 2014

Caciquismes, résistances, violences. Les pedranos et l’État mexicain dans le Chiapas postrévolutionnaire

Le mercredi 12 novembre à 14 heures, à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), Salle 8, 2ème étage, 105 Boulevard Raspail, 75006 Paris.

Jury composé de :

ABÉLÈS Marc, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS, Directeur de thèse

BRIQUET Jean-Louis, Directeur de recherche CNRS, Rapporteur

COMPAGNON Olivier, Professeur d’histoire contemporaine, Rapporteur

NAEPELS Michel, Directeur de recherche CNRS et Directeur d’Études EHESS

RECONDO David, Chargé de recherche Sciences Po

photoidentitecc81sabrinanb0001Résumé : Fondée sur l’étude d’un corpus riche composé de récits de vie, d’observations participantes réalisées entre 2003 et 2010, d’archives et de documents récoltés sur le terrain, cette thèse explore les rapports de pouvoir et les dominations multiples qui agitent la vie politique de la municipalité de San Pedro Chenalhó, située dans la région des hautes-terres du Chiapas, Mexique. La thèse prend appui sur un cadre théorique inspiré de Gramsci dans lequel s’encastrent des analyses empruntées à la sociologie des mouvements sociaux, à l’anthropologie politique de l’État et des ONG, et à la micro-histoire. L’étude en trois volets remonte aux années 1940 et s’achève en 2010, afin d’analyser la genèse et les transformations des rapports des pedranos à l’État mexicain, par le biais de portraits de leaders politiques et religieux locaux. La crise politique et économique que connaît le Chiapas au tournant des années 1990 s’est exprimée à Chenalhó par un double phénomène d’autonomisation de la justice : la rébellion des pedranos contre des caciques culturels aboutit à la création d’une municipalité autonome zapatiste à Polhó en 1996 (analysée depuis la vie quotidienne et articulée à la mise en scène de l’organisation zapatiste) et engendra la formation d’un groupe d’autodéfense dans l’ejido de Los Chorros en 1997. La réactivation d’anciens antagonismes politiques, religieux ou familiaux entraîna des violences en cascade tout au long de l’année 1997. L’analyse détaillée des assassinats et du massacre d’Acteal atteste d’un « art de la guerre » des pedranos (rumeurs, accusations de sorcellerie, privatisation des espaces communautaires, armement de civils, déguisements) et d’un rituel sacrificiel de l’État mexicain visant à réinstaurer un ordre profondément menacé. Puis l’affaire Acteal et ses controverses interprétatives (conflit intercommunautaire/guerre de basse intensité, massacre/bataille), ainsi que les dispositifs de réconciliation au bilan mitigé, illustrent comment les réappropriations du passé servent de moteurs à de nouvelles actions collectives par des acteurs politiques et religieux qui s’emparent a posteriori de telles ruptures historique, morale et symbolique. Cette thèse tente ainsi de saisir quelques-uns des enjeux du Mexique contemporain, notamment la violence politique constitutive d’un Centaure mexicain moderne traversé par des crises récurrentes.

Afin d’organiser au mieux le pot de soutenance, merci de confirmer votre présence. Vous pouvez contacter Sabrina par mail sabrinamelenotte@gmail.com / sabrinam@ehess.fr

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s