SEMINAIRE SOGIP : 2ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 11 décembre 2014 : Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

La 2ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 11 décembre 2014. La séance aura pour thème :

Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 2 : 11 décembre 2014 : Reconfigurations de l’État face aux revendications autochtones : multiculturalisme et biculturalisme en perspective

Intervenants – séance 2 

Natacha GAGNÉ (Professeure, Université Laval) : « Représentation et participation politique : les Māori font leur entrée sur la scène politique municipale »

Professor Vuokko Hirvonen (Sámi allaskuvla/Sámi University College) : “Indigenous friendly education in Sápmi – Sámi knowledge as a starting point”

 Akuavi Adonon Viveros (Professeur chercheur à l’Université Autonome Métropolitaine, campus Cuajimalpa) : « Règlement des différends dans les hautes terres du Chiapas: Du pluralisme à la porosité juridique »

 Présentation – séance 2 :

La reconnaissance au niveau international, dans les années 80, des droits des peuples autochtones, a ouvert des enjeux très importants qui mettent en tension les relations politiques, juridiques, économiques que ces nouveaux sujets de droit entretiennent avec l’État. La construction au niveau international de nouveaux imaginaires politiques autochtones conduit aussi à repenser l’État, dans la mesure où celui-ci représentait l’institution déterminant la conceptualisation et le sens d’une autochtonie subalterne.

Plusieurs États concernés par les revendications autochtones sont ainsi passés du cadre de référence de l’État-nation à celui de l’État multiculturel. Quelques-uns, menés plus loin par des discussions autour de la décolonisation et par des transformations constitutionnelles ont adopté un cadre plurinational. Si ces changements ont permis la reconnaissance de certains droits aux peuples autochtones, ils ont aussi ouvert plusieurs défis, liés à l’appropriation des nouveaux dispositifs et espaces politiques, aux contraintes liés à la reconnaissance formelle de la « culture », de la langue ou des systèmes normatifs autochtones, ainsi qu’à la production de nouveaux rapports de pouvoir. Nous explorerons ces dynamiques à travers trois interventions, portant sur la reconnaissance des systèmes normatifs au Chiapas, la mise en place de systèmes d’éducation Saami dans les pays nordiques (notamment la Norvège), et sur les espaces de participation politique ouverts en Nouvelle Zélande et au Canada.

Résumés/programme – séance 2 :

« Représentation et participation politique : les Māori font leur entrée sur la scène politique municipale »
Natacha GAGNÉ (Professeure, Université Laval)

Un aspect important des luttes māori à partir de la fin des années 1960 fut la campagne pour faire reconnaître le Traité de Waitangi de 1840 – le seul traité signé par des chefs māori et des représentants de la Couronne britannique – comme voie principale en vue de la décolonisation et d’une réparation des torts relié au passé colonial. Le Traité de Waitangi fut finalement officiellement reconnu à nouveau en 1975, ce qui mena à la création du Tribunal de Waitangi et à la mise en place d’une politique officielle promouvant le biculturalisme. Le Traité, qui reconnaît deux peuples et établit leur partenariat, est maintenant largement interprété comme étant au fondement de l’État néo-zélandais. Les Māori sont devenus depuis des partenaires compétents et couronnés de succès dans plusieurs domaines. Ceci se constate notamment sur la scène politique : la participation et la représentation politique des Māori sont devenues le point central des revendications et des manifestations māori, y compris au niveau municipal. Cette intervention sera l’occasion de se pencher spécifiquement sur la situation à ce niveau et les nouvelles dynamiques urbaines ainsi engendrées. Il sera plus particulièrement question de la représentation des Māori au nouveau Super Conseil municipal de la ville d’Auckland, métropole multiculturelle néo-zélandaise où réside près du quart de toute la population māori du pays. De façon à mettre en perspective les particularités du cas néo-zélandais, quelques comparaisons avec la participation et la représentation politique des peuples autochtones au Canada, État multiculturel, seront établies.

“Indigenous friendly education in Sápmi – Sámi knowledge as a starting point” – Professor Vuokko Hirvonen (Sámi allaskuvla/Sámi University College)

Over many generations the goal of education was to eliminate Sámi learners’ mother tongue and culture. The school programs in Nordic countries, for Sámi and non-Sámi alike, have been based on a systematization of knowledge of national cultures, knowledge of Sámi culture apparently being largely neglected. However, the Sámi people in the Nordic countries have worked intensively since the 1960’s to make their mother tongue (Sámi) the medium of education for their children throughout the compulsory education system. Gradually the Sámi people have succeeded in guaranteeing the linguistic rights of Sámi children.

Today, developing Sámi education from the policy of neglect to more positive educational legislation concerning the Sámi language has improved the position of the Sámi languages and culture and the Sámi school system. This work has been fruitful and in the Nordic countries Sámi children do nowadays have the right to receive instruction in the Sámi language, although the praxis depends on each school. For the Sámi as a minority and as an indigenous people the use of Sámi pedagogy in modern life can encourage and strengthen their identity and cultural values, and our model of learning can be recognized as part of our own epistemology and cosmology for life.

« Règlement des différends dans les hautes terres du Chiapas: Du pluralisme à la porosité juridique » – Akuavi Adonon Viveros (Professeur chercheur à l’Université Autonome Métropolitaine, campus Cuajimalpa)

Cette présentation porte sur une étude du pluralisme juridique dans une société « multiculturelle » telle que le Mexique, le terrain des hauts plateaux du Chiapas, et une ethnie, les Tzotzil. Elle mettra en avant des éléments d’analyse des processus, de la rencontre d’éléments a priori hétéroclites et des pratiques des acteurs. L’attention se centre plutôt sur les règlements des différents familiaux dans les villages de San Juan Chamula et de Zinacantán.

Le contexte général étant la création par l’état fédéré du Chiapas, en 1998, de Tribunaux de Paix et de Conciliation autochtone, suite à la mobilisation zapatiste, cette présentation cherchera à mettre en évidence le fait que le phénomène juridique chez les indiens des hautes terres du Chiapas évolue dans une complexité qui se nourrit des différentes visions sur la justice, tout en évoluant dans un contexte de subordination face à une vision hégémonique du droit et de la justice, vision qu’il faut parfois contourner, parfois combattre ou parfois encore s’approprier…

 Séance 3 : 8 janvier 2015 : Les peuples autochtones face aux institutions : problématiques de subjectivation autour de « l’Indien permis » : la question des papiers, de l’état civil et des projections politiques

Intervenants – séance 3 :

Leandro VARISON-COSTA (Jeune docteur, LAPJ)
Leslie CLOUD (doctorante, LAIOS-SOGIP)
Stéphanie GUYON (maîtresse de conférences, Université de Picardie/LAIOS-SOGIP)

Séance 4 : 12 février 2105 : Gouvernance globale et citoyenneté locale

Intervenants – séance 4 :

Tassadit YACINE (Directrice d’études, EHESS-LAS)
Akiyo AFOUDA (Officier aux droits de l’homme, Union internationale parlementaire)
Carlos AGUDELO (à confirmer)

Séance 5 : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

Intervenants – séance 5 :

David RECONDO (Maître de conférences, Sciences-Po Poitiers)
Jean-Pierre CHAUMEIL (Directeur de recherche émérite, CNRS)
Alpa SHAH (Professeure, London School of Economics)

Séance 6 : 16 avril 2015 : Citoyenneté autochtone : les enjeux de la reconnaissance des droits politiques. Séance d’avril en même temps que la conférence finale

 

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