SEMINAIRE SOGIP : 5ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

La 5ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 12 mars 2015. La séance aura pour thème:

Les défis de la participation politique

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 9 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et 9 avril 2015.

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 5 : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

Intervenants – séance 5 :

Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) : Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)

David Recondo (CERI-Sciences Po) : Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique

Alf Gunvald Nilsen (Université de Bergen) : “Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India

Présentation – séance 5

A la fin du siècle dernier, les peuples autochtones ont émergé dans la vie politique nationale et internationale. Leur participation dans des mouvements sociaux et dans des institutions étatiques dans différents pays leur a permis de se présenter comme des acteurs politiques et plus seulement comme des récepteurs passifs des politiques. Leur investissement a produit de riches expériences par lesquelles ils ont cherché à exercer leur droit à la participation à la vie politique. Parmi elles, on remarque la création, la récupération ou la réadaptation d’institutions autochtones, la participation dans les institutions étatiques, l’innovation dans les répertoires d’action, la formation de dispositifs de représentation. Tous ces apprentissages influencent les trajectoires individuelles et collectives de ces peuples.
Aujourd’hui, alors que le droit à la participation et à la citoyenneté est reconnu de longue date aux individus et plus récemment aux peuples autochtones dans plusieurs instruments juridiques internationaux et lois nationales, l’affirmation des personnes et collectifs autochtones comme acteurs de la vie politique n’a rien d’évident ni de simple. Partout, ces groupes font face à d’importants défis pour s’affirmer comme acteurs au niveau local, national et international, pour faire entendre leurs voix et participer à la résolution des conflits dans lesquels ils sont pris.
Nous explorerons différents aspects de cette problématique à travers trois interventions. Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) présentera une analyse comparative de l’entrée des autochtones en politique dans trois pays d’Amazonie. David Recondo (CERI-Sciences Po) analysera la différenciation symbolique entre les régimes représentatifs « libéral-occidental » et « coutumier-indigène » au Mexique. Alf Nilsen (Université de Bergen), évoquera de manière critique les mouvements d’émancipation adivasi et l’expression d’une « citoyenneté insurgée » en Inde.

Résumés/programme – séance 5

Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)
Jean-Pierre Chaumeil, CNRS-UPO – LESC

On proposera dans cette intervention un résumé des principales recherches menées par le GDRI APOCAMO que coordonne l’Institut Français d’Etudes Andines de Lima (Pérou). Ce groupe a analysé de manière comparative le processus de construction de nouveaux modes de représentativité politique autochtone, en essayant de mettre en lumière les spécificités propres à chaque cas. Il s’est interrogé sur l’apparition de nouvelles formes de leadership et de représentation politique au sein des communautés, sur le processus croissant d’urbanisation et la mise en place chaque jour plus avérée d’une bureaucratie –voire d’une diplomatie– indigène, ainsi que sur les conséquences politiques des conflits socio-environnementaux opposant compagnies extractives et peuples autochtones, notamment à travers l’usage politique de certains rituels. On s’interrogera également sur la question de la représentativité effective de ces collectifs et sur l’activité de contrôle de leur univers par l’Etat que pourrait éventuellement signifier cette forme conventionnelle d’entrée en politique.

Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique
David Recondo, CERI-Sciences Po

Depuis les années 1990, les revendications des mouvements indiens et les politiques multiculturalistes mises en œuvre par les États latino-américains ont contribué à forger l’idée d’une différence ontologique entre un système libéral-représentatif (reposant le plus souvent sur une mise en concurrence de candidats accrédités par des partis politiques) et un système communaliste-participatif (fondé sur une logique de service obligatoire des individus au profit de la collectivité). Nous étudierons comment s’est construit cette dichotomie, dans un contexte où les pratiques électorales et représentatives sont caractérisées par une forte hybridité. Il s’agira, en somme, de faire une archéologie des modes de formation et de légitimation d’une distinction entre régimes de représentation, fondés sur l’idée d’une différence ethnoculturelle radicale.

“Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India
Alf Gunvald Nilsen (University of Bergen)

The political vocabulary of citizenship figures centrally in many of the oppositional projects articulated by subaltern groups in India. Dalits, poor rural women, informal sector workers, lower caste peasantries and Adivasis have articulated rights-based claims that appropriate “the universalizing vocabularies” (Corrigan and Sayer, 1985) of the postcolonial Indian state in which citizenship figures as a foundational idiom (Jayal 2013). In the process, these universalizing vocabularies are transformed to such an extent that “the practice of claims making is generative of new understandings and subjects of rights”. However, as much as the crystallization of a subaltern politics of “insurgent citizenship” (Holston 2008) has destabilized the hegemonic position of dominant groups in India, there are good reasons to raise questions about the extent to which subaltern mobilizations around citizenship in India have in fact resulted in the kind of democratic deepening that would be required to achieve a “sustained (re)allocation of resources and shifting of power relations within which chronic poverty is embedded” (Hickey and Bracking 2005 : 851 ; see also Heller 2000).
In order to know if the ways in and extent to which citizenship is a political idiom capable of bringing about real, practical emancipation for subaltern groups in contemporary India, Nilsen will consider how Bhil Adivasis in western Madhya Pradesh have organized and mobilized. He will show how the emergence of a subaltern politics of insurgent citizenship in the Bhil communities enabled a set of emotional and practical transformations that engendered new forms of political subjectivity and agency. Insurgent citizenship led for a more radical demand for Adivasi self-rule, a claim that was quelled through campaigns of state repression.

***
Prochaine séance
Jeudi 9 avril 2015 : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts,
EHESS, 190 avenue de France 75013 Paris
Rdc salle 1

Intervenants :
Geoffroy FILLOCHE (GRED/IRD),
Jean-Pierre Nguede Ngono (doctorant EHESS),
Miquel FIGUERAS MOREU (doctorant EHESS)

 

 

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