La Nouvelle-Calédonie obtient la suspension d’une vente aux enchères d’art kanak

La gazette des communes, le 15/06/2015 • AFP

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a obtenu la suspension d’une vente aux enchères de sculptures kanak exceptionnelles, dont il soupçonne l’exportation illégale, ont annoncé lundi 15 juin Les Nouvelles-Calédoniennes.

La maison d’enchères Claude Aguttes a indiqué dans un communiqué que « le commissaire-priseur et le propriétaire actuel (de la collection), dans un souci d’apaisement, se voient dans l’obligation d’annuler la vente », prévue le mercredi 17 juin à Bâle en Suisse. L’établissement qualifie toutefois l’intervention de l’exécutif calédonien de « curieuse et tardive » et « peut-être provoquée par la pression médiatique ».

Sa décision fait suite à un courrier de Philippe Germain, président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, demandant la suspension de cette vente intitulée « Art Kanak » ainsi que la saisie des pièces. Une copie de ce courrier a été envoyée au Premier ministre ainsi qu’aux ministères de la Culture et des Affaires étrangères, a indiqué le gouvernement calédonien. « Heureusement qu’on a pu arrêter cette vente d’objets, qui sont sortis illégalement du pays il y a 40 ans et qui entre dans ce que nous appelons le pillage du patrimoine kanak dispersé », a déclaré Dewé Gorodé, en charge de la culture au sein de l’exécutif.

L’affaire, révélée la semaine dernière par le quotidien local, porte sur la mise aux enchères d’une collection privée d’une vingtaine de sculptures kanak, essentiellement des chambranles et des flèches faîtières. Faute de références aux enchères, aucune estimation n’avait été affichée dans le catalogue, mais une fourchette de 15.000 à 150.000 euros, pour les pièces majeures, était évoquée. Or, ces sculptures d’une grande valeur patrimoniale auraient été illégalement sorties en 1974 de Nouvelle-Calédonie avant de faire l’objet un an plus tard, d’une exposition en Suisse.

Selon Les Nouvelles Calédoniennes, un ethnologue et un pasteur étaient à l’époque montés au créneau pour dénoncer l’exportation clandestine des objets. L’ecclésiastique avait même déclaré qu’un chambranle et une flèche faîtière avaient mystérieusement disparu de sa mission protestante, sur la côte est, après qu’il eût refusé de les vendre à un amateur suisse.

Le gouvernement calédonien doit décider s’il porte plainte. De son côté, la maison Aguttes a indiqué dans son communiqué vouloir « aborder le dossier au plus vite avec l’aide » des autorités de Nouvelle-Calédonie.

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