Séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones 2015-2016 » – Séance 1 : 12 octobre 2015

Séance 1 : 12 octobre 2015 : Controverses autour du Grand Canal du Nicaragua. L’abolition légale de la souveraineté, des droits des peuples autochtones et des paysans

Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, postdoctorante SOGIP (IIAC-LAIOS), Martin Préaud, postdoctorant SOGIP (IIAC-LAIOS).

Ce séminaire s’appuie sur une recherche financée, depuis 2010, par le Conseil européen de la recherche, dans le cadre du 7e programme cadre (FP7/2007-2013 Grant Agreement ERC n° 249236)

Cette séance aura lieu EXCEPTIONNELLEMENT le lundi 12 octobre de 14-18h dans la Salle du Conseil A

Séance 1 :Controverses autour du Grand Canal du Nicaragua. L’abolition légale de la souveraineté, des droits des peuples autochtones et des paysans

Lors de cette séance, nous écouterons les points de vue de :

Mirna Cunningham, ancienne présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones, actuelle. Ambassadrice spéciale de la FAO pour la promotion de l’Année internationale de l’agriculture familiale (Intervention en anglais)
Birgit Muller, anthropologue au IIAC/LAIOS, spécialiste des questions agraires au Nicaragua qui mettra en perspective les enjeux légaux et conséquences sociales et écologiques de la construction du canal
Irène Bellier, anthropologue, IIAC/LAIOS-SOGIP, qui évoquera les perspectives contrastées de la « Déclaration conjointe des droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales » et de la « Déclaration des droits des peuples autochtones ».

Le 14 juin 2013, l’Assemblée Nationale du Nicaragua a approuvé avec la loi 840 une concession de cent ans sur la zone du futur canal interocéanique du Nicaragua visant à relier l’Océan Atlantique à l’Océan Pacifique, au profit d’un consortium chinois HKDN Nicaragua Canal Development. Sur une longueur de 285 km et une largeur de 20 km les lois environnementales, les acquis de la réforme agraire et les droits territoriaux des peuples autochtones ne s’appliquent plus. Peuples autochtones, et agriculteurs seront expropriés et le pays de facto divisé en deux. L’État s’est engagé dans la dite loi à protéger l’investisseur contre la population locale et à le compenser en cas de mobilisation ou d’émeutes qui pourraient retarder la réalisation du projet. Le canal suit un tracé traversant le lac Nicaragua (aussi connu comme lac Cocimbolca), qui devrait être creusé sur une profondeur de 30 m. Selon les experts de l’Académie des Sciences du Nicaragua, ceci provoquerait la mort écologique de la plus grande réserve d’eau douce de l’Amérique Centrale.
Sur le plan social, de 25 à 30 000 personnes, dont des paysans et des indiens Namas et Nahuas, devraient être déplacées. Considéré comme un moyen de « développer » le pays, ce projet soulève de nombreuses questions quand au processus de consultation des populations locales, paysannes et autochtones.

Dans cette séance nous proposons d’analyser les mobilisations des différentes catégories de citoyens nicaraguayens contre ce projet, désormais inscrit dans la constitution nicaraguayenne. Nous analyserons les effets de leurs mobilisations, qui se servent des institutions juridiques internationales comme la Cour interaméricaine des droits de l’homme, et s’inscrivent dans plusieurs registres, tels que la législation onusienne sur les droits des peuples autochtones, et le droit des paysans à leur terre. La séance sera l’opportunité de regarder non seulement les rapports multiples entre le droit national, le sentiment d’injustice chez les populations concernées par ce projet et les moyens légaux d’agir au niveau international. Nous analyserons les enjeux de l’inter-sectionalité des catégories de population et des identités impliquées dans les mobilisations contre ce projet, ainsi que les dynamiques entraînées par la cohabitation des droits des peuples autochtones avec d’autres registres, comme les droits des paysans.

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Un commentaire pour Séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones 2015-2016 » – Séance 1 : 12 octobre 2015

  1. mngueye51 dit :

    A reblogué ceci sur tanguiss.

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