Séminaire SOGIP « Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones 2015-2016 » -Séance 2 : 12 novembre 2015 : Femmes autochtones, gouvernance internationale et luttes politiques

Séance 2 : 12 novembre 2015 : Femmes autochtones, gouvernance internationale et luttes politiques

Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS, Verónica González González, postdoctorante SOGIP (IIAC-LAIOS) et Martin Préaud, postdoctorant SOGIP (IIAC-LAIOS).

Ce séminaire s’appuie sur une recherche financée, depuis 2010, par le Conseil européen de la recherche, dans le cadre du 7e programme cadre (FP7/2007-2013 Grant Agreement ERC n° 249236).

2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle du Conseil A, R-1, bât. Le France, 190 av de France 75013 Paris), du 12 novembre 2015 au 10 mars 2016. La séance inaugurale aura lieu le lundi 12 octobre, de 14h à 18h (salle du conseil A, même adresse). Ouvert à tous.

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2015-2016

Nous poursuivrons cette année le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) qui, depuis quatre ans, examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA). L’objet du séminaire vise à relier la réflexion sur les questions autochtones aux processus globaux. Comment les acteurs politiques autochtones prennent-ils pied dans la gouvernance mondiale en regard des situations concrètes où les sociétés et cultures qu’ils représentent expérimentent des formes de changement accélérées, parfois volontaires, souvent forcées ? Les années précédentes, nous avons exploré de manière comparative, et à partir d’études de cas contextualisées, les questions de reconnaissance légale, de développement et de territorialité, d’éducation, de citoyenneté et de participation politique qui posent les sujets autochtones dans leurs relations à l’État et aux institutions internationales. Cette année, nous aborderons les enjeux de la patrimonialisation et de la propriété intellectuelle, les questions de genre et de justice, ainsi que le positionnement des peuples autochtones par rapport aux débats globaux, tels que ceux liés au changement climatique et aux objectifs du développement durable. Les analyses portées par une approche pluridisciplinaire montrent que les questions de droits de peuples autochtones ne portent pas seulement sur des enjeux spécifiques : elles définissent un horizon de réflexion sur les conditions de possibilités de se gouverner soi-même et sur les frontières de l’autonomie.

Séance 2 – Jeudi 12 novembre 2015 : Femmes autochtones, gouvernance internationale et luttes politiques

De 9h à 13h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190 avenue de France, 75013 Paris

Séance coordonnée par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC-LAIOS et Verónica González González, postdoctorante SOGIP (IIAC-LAIOS)

 Séance 2 – Intervenants 

Nadège Chell, doctorante, IIAC/LAIOS, Présidente de l’ONG RESO-Femmes International

Coro J-A Juanena, Professeure et coordinatrice du Centre d’études postcoloniales (KOIZ, Bilbao), Chercheure du Groupe d’Etudes Africaines de l’Université Autonome de Madrid (présentation en espagnol)

Anna Schmitt, doctorante IIAC/LAIOS

Séance 2 – Présentation

Cette séance aura comme objectif d’analyser les enjeux de subjectivation des femmes dans leur participation à la « gouvernance globale ». Particulièrement soutenue par l’ONU, la mobilisation des femmes provenant de toutes les régions du monde repose en général sur la création d’organisations qui, par l’articulation de plusieurs échelles et par la construction d’une identité, ont permis de créer « une voix » dont les femmes se servent pour dénoncer les discriminations et pour participer dans le champ politique international.

Les présentations des intervenantes permettront de creuser les problématiques créées par « l’intersectionnalité », ou le croisement de catégories et d’identités socio-politiques que les femmes contribuent à définir. Se trouvant au carrefour de mobilisations pour les droits universels des femmes et de mobilisations s’appuyant sur des subjectivités locales, les femmes africaines et les femmes autochtones sont face à des problématiques spécifiques dans le cadre de leur participation politique dans les espaces internationaux. Les présentations mettront en évidence la sensibilité du champ international pour répondre aux revendications de sujets appartenant à plusieurs identités vulnérables. Elles montreront aussi les limites du champ international pour assumer la complexité et la dynamique des rapports sociaux et politiques qui se trouvent derrière ces identités.

 Séance 2 – Résumés

Les « leaders politiques intermédiaires et médiateurs » de RESO-Femmes International. Regard anthropologique et impliqué sur les projets relatifs à la participation politique et à l’autonomisation des femmes en Afrique

Nadège Chell

La présentation se centrera sur les processus de participation de leaders politiques féminins qui opèrent dans les formes diverses de la gouvernementalité néo-libérale tout en suivant des formes régionales. Les premières correspondent à un plan visant l’autonomisation des femmes, les secondes suscitent des résistances politiques aux modèles homogénéisant du genre, ainsi que des modes de subjectivation inédites. Elle montrera comment à partir d’un engagement dans l’ONG RESO-Femmes International, ont été identifiés des groupes politiques de leaders qui, dans le cadre d’une logique biopolitique du gouvernement de la vie, apportent des réponses concrètes aux réformes attendues par le dispositif onusien, liées en particulier au plan d’action planétaire. La communication comment l’organisation, dans son mode de fonctionnement et notamment par la réunion des « leaders intermédiaires et des médiateurs », par ses articulations en réseau et son rôle aux Nations unies, aide à construire des alternatives d’appartenance qui dépassent celle d’une communauté locale autochtone et territoriale : les femmes s’investissent de plus en plus dans les espaces transnationaux et utilisent le concept et les pratiques de l’empowerment (domaine de spécialisation de l’ONG). A partir d’une recherche doctorale, il s’agit de comprendre la façon dont les femmes leaders investissent les objectifs généraux et les normes en leur faveur et comment elles se démarquent des économies morales locales/globales en privilégiant l’autonomisation et l’innovation, et en se posant comme de « nouveaux » sujets critiques des limites posées à la reconnaissance des droits universels (« mouvement » spécifique africain).

Amama sare ou « la toile d’araignée » : des femmes qui tissent la résistance, du réseau des réseaux
Coro Jiménez Arellano

Le discours des femmes autochtones est imprégné de concepts et de métaphores sur l’art de la filature, une compétence partagée par des femmes autochtones de différentes cultures. La possibilité de créer un nouveau « vêtement », produit du travail collectif, est un outil métaphorique puissant qui explique l’interprétation du pouvoir que porte ce groupe social. Une interprétation très différente de celle que, jusqu’à maintenant, a été mobilisée par la société patriarcale occidentale. Le concept de la microphysique du pouvoir proposé par Michel Foucault est peut-être celui qui nous permet le mieux de comprendre les dynamiques de ce groupe social, avec qui nous avons travaillé aux Nations unies. Nous utiliserons ce concept, ainsi que d’autres apportés par la philosophie et la théorie sociale, pour comprendre les processus de construction identitaire et de participation collective des femmes autochtones à l’échelle internationale. Nous analyserons également leurs relations avec d’autres acteurs globaux opérant dans les instances internationales.

La défense des droits sexuels et reproductifs des femmes autochtones sur la scène onusienne
Anna Schmitt

La Colombie a adopté, en 1991, une nouvelle Constitution inscrivant d’une part, le caractère multiculturel de la nation et d’autre part, l’égalité des femmes et des hommes. Ce faisant, elle tend à produire un cloisonnement entre les catégories sociales qui défavorise substantiellement l’exercice de leurs droits par les citoyennes autochtones. Afin de remédier à ce hiatus législatif, une association locale de défense des droits humains des femmes autochtones a proposé, en 2012, de renforcer l’alliance entre les femmes autochtones du pays afin de réaliser un plaidoyer devant le Comité des Nations unies pour l’élimination des discriminations envers les femmes (CoEDEF). Durant cette action collective, les femmes autochtones s’efforcent d’élever leurs droits sexuels et reproductifs au rang de sujet d’intérêts communs dont le respect nécessite une intervention gouvernementale. L’intervention sera centrée sur l’enjeu de cette saisine et de ses effets d’une part, sur la construction d’un positionnement politique commun des femmes autochtones de Colombie, d’autre part, et sur la réception du contre rapport à celui de l’Etat colombien qu’ont réalisé les expertes du CoEDEF.

PROCHAINES SEANCES (en cours de confirmation)

10 décembre : peuples autochtones et changement climatique : table ronde autour de la COP 21
14 janvier : peuples autochtones, foncier et accaparement de terres
11 février : patrimonialisation et enjeux de pouvoir
10 mars : la justice dans tous ses états

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