SEMINAIRE : 1ère séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015)

La 1ère séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le  13 novembre 2014. La séance aura pour thème : La citoyenneté et les peuples autochtones.

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 1 : 13 novembre 2014 : La citoyenneté et les peuples autochtones

Intervenants – séance 1 :

Irène Bellier (Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC)

Verónica González González (postdoctorante LAIOS-SOGIP)

Rowena Dickins Morrison (post-doctorante LAIOS-SOGIP)

Ferrán Cabrero (expert régional du PNUD et Professeur universitaire associé FLACSO Equateur)

Présentation – séance 1 :

Le besoin d’affirmer des droits civils et politiques constitue, aujourd’hui un horizon que partagent beaucoup de mobilisations autochtones au monde. Cela a ouvert de grands débats et de nombreux questionnements autour de la citoyenneté et des droits politiques de ces peuples, que l’on abordera dans cette séance. Dans un premier moment, nous analyserons la dimension internationale, relative aux dispositions du droit international à propos des droits politiques des peuples autochtones (les Pactes sur les droits civils et politiques, et sur les droits économiques, sociaux et culturels, la Déclaration, la Convention 169). Cette séance nous conduira à situer les peuples autochtones par rapport aux débats relatifs à la citoyenneté, tout en analysant l’introduction dans les arènes politiques des revendications autochtones, aboutit à de nouvelles conceptions de la citoyenneté.
On analysera la citoyenneté à la lumière de deux études de cas identifiant les problématiques auxquelles font face les peuples autochtones quand ils veulent mettre en place leurs droits politiques. La première étude présentera les analyses de l’équipe SOGIP autour de la participation et l’action des peuples autochtones dans les institutions internationales, en prenant comme exemple le cas de la Conférence mondiale sur les populations autochtones qui eut lieu en septembre, 2014. Les controverses relatives à la participation des autochtones dans l’ensemble du processus, ainsi que la présentation du contenu du document final résultant de cette Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, nous permettront d’explorer les enjeux de la participation des peuples autochtones à ce moment là, pour dégager ses éventuelles répercussions à plus grande échelle.

Le deuxième cas se focalisera sur le sous-continent latino-américain, une région où des partis politiques autochtones firent leur entrée dans le scénario politique des années 1980 et suivantes. A partir d’ une analyse du parti Pachakutik en Equateur, du MAS bolivien, enrichie par des exemples dans d’autres pays de la région, nous nous demanderons si nous sommes en présence de la fin des partis autochtones, ou des partis à base ethnique en Amérique latine, et ce que cela signifie. Nous analyserons les répercussions de la concurrence dans les processus électoraux et leurs effets sur la mobilisation autochtone.

Résumés/programme – séance 1 :

Irène Bellier et Veronica Gonzalez : Introduction générale

Irène Bellier et Rowena Dickins Morrison (post-doctorante LAIOS-SOGIP) : La « Conférence mondiale sur les peuples autochtones » et les enjeux de la participation des peuples autochtones sur la scène internationale
Les 22 et 23 septembre 2014, l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) a tenu la première Réunion plénière de haut niveau de son histoire qui soit dédiée aux peuples autochtones, dite « Conférence mondiale sur les peuples autochtones ». Dès le début, la participation des peuples autochtones s’est avérée d’une importance centrale dans l’élaboration de cette Conférence : d’abord, en raison de la démarche procédurale suivie par l’AGNU (notamment à travers son Président) pour organiser la réunion/conférence rassemblant les Chefs d’état et de gouvernement et les représentants des peuples autochtones, et ensuite pour les questions de fond traitées lors de la Conférence et dans son document final. Ce document final a un poids certain, ayant le même statut juridique que la Déclaration des droits des peuples autochtones (2007). Cette intervention explore les enjeux de la participation des peuples autochtones au niveau international à travers l’analyse de ce dernier processus, la Conférence mondiale représentant une nouvelle étude de cas dont l’analyse nous permettra de dégager ses éventuelles répercussions à plus grande échelle.

Ferrán Cabrero (expert régional du PNUD et Professeur universitaire associé FLACSO Equateur)

Dans les années quatre-vingt-dix du XXème siècle, des partis politiques autochtones font leur entrée dans le scénario politique latino-américain et des Caraïbes. Dans plusieurs pays les organisations autochtones décident d’entrer dans l’arène politique électorale. C’est le cas du parti Pachakutik en Equateur, qui était, en grande mesure, le bras électoral de la Confédération de nationalités autochtones de l’Equateur (CONAIE, l’une des plus grandes organisations autochtones en Amérique latine). L’entrée des organisations autochtones dans la machinerie institutionnelle entraîna beaucoup de défis et de dangers pour l’ensemble du mouvement autochtone, comme l’ont signalé quelques-uns de ses membres et leaders. A la lumière des résultats du processus électoral de février 2013 en Equateur, qui confirment la défaite de Pachakutik, nous devons revenir sur la littérature académique sur le sujet pour nous demander si nous sommes en présence de la fin des partis autochtones. En fait, si la décision de concourir dans le processus électoral a constitué l’une des expressions politiques d’un des plus puissants mouvements sociaux en Amérique latine, cela a aussi contribué, en partie, à débiliter la mobilisation autochtone. L’analyse que Ferrán Cabrero présentera à propos du Pachakutik sera mis en perspective avec d’autres cas, tel que le MAS bolivien et les élections présidentielles qui eurent lieu cette année dans ce pays, et d’autres en Amérique latine.

Séance 2 : 11 décembre 2014 : Reconfigurations de l’état face aux revendications autochtones : l’état multiculturel et l’état binational mis en perspective

Intervenants – séance 2 :

Natacha GAGNE (Professeure agrégée, Université Laval),
Vuokko HIRVONEN (Professeure, Sami University College)
Akuavi ADONON-VIVEROS (à confirmer)

Séance 3 : 8 janvier 2015 : Les peuples autochtones face aux institutions : problématiques de subjectivation autour de « l’Indien permis » : la question des papiers, de l’état civil et des projections politiques

Intervenants – séance 3 :

Leandro VARISON-COSTA (Jeune docteur, LAPJ)
Leslie CLOUD (doctorante, LAIOS-SOGIP)
Stéphanie GUYON (maîtresse de conférences, Université de Picardie/LAIOS-SOGIP)

Séance 4 : 12 février 2105 : Gouvernance globale et citoyenneté locale

Intervenants – séance 4 :

Tassadit YACINE (Directrice d’études, EHESS-LAS)
Akiyo AFOUDA (Officier aux droits de l’homme, Union internationale parlementaire)
Carlos AGUDELO (à confirmer)

Séance 5 : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

Intervenants – séance 5 :

David RECONDO (Maître de conférences, Sciences-Po Poitiers)
Jean-Pierre CHAUMEIL (Directeur de recherche émérite, CNRS)
Alpa SHAH (Professeure, London School of Economics)

Séance 6 : 16 avril 2015 : Citoyenneté autochtone : les enjeux de la reconnaissance des droits politiques. Séance d’avril en même temps que la conférence finale

Publié dans Uncategorized | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Bolivie, réélection d’Evo Morales pour un troisième mandat présidentiel: entretien du GITPA avec le sociologue Laurent Lacroix.

Evo Morales, vient d’être réélu, le 12 octobre, avec 60% de votes, pour un troisième mandat, le deuxième sous le régime d’État social unitaire de droit plurinational communautaire défini par la Constitution de 2009. D’origine aymara, il est communément présenté comme le premier président amérindien d’Amérique latine.

Entretien avec Laurent LACROIX*, membre du réseau des experts du GITPA pour l’Amérique latine

Screenshot 2014-10-24 at 23.02.09Q :Quelle est la part des indiens dans la population de l’État Bolivien, les différents groupes, leurs répartitions géographiques ?

Selon le recensement de 2012, 48% de la population de plus de 15 ans déclare appartenir à une nation ou un peuple autochtone. Lors du recensement précédent (2001), 62% s’auto définissait comme « autochtone ». Cette comparaison n’est pas sans soulever les problèmes liés à la méthode de comptage et à l’interprétation des statistiques dites ethniques. Elle remet aussi partiellement en question l’idée d’État plurinational résultant d’un processus politique basé sur celle d’une « majorité autochtone » historique. Cela révèle le caractère dynamique et éminemment politique des identités collectives. La notion de frontières identitaires soulevée par de nombreux chercheurs prend ici tout son sens dans la mesure où l’identité constitue à la fois un enjeu politique et fait le jeu d’une négociation permanente entre groupes sociaux différenciés. Plus d’une centaine de noms de nations ou peuples ont été énoncés lors du recensement de 2012. Ce qui est loin des chiffres officiels. Si l’État ne reconnaît pas directement les nations et peuples autochtones, la Constitution reconnaît 36 langues autochtones. Pour une vue générale, disons que les Quechuas et les Aymaras composeraient la grande majorité de la population autochtone. Ils représenteraient 36% (1,8 million) et 32% (1,6 million) de celle-ci. Leurs membres résident principalement dans les Andes où vivent d’autres nations et peuples autochtones définis comme « démographiquement minoritaires » par les lois électorales du pays (Afroboliviens, Kallawaya, Uru-Chipaya, Uru-Murato). Dans les Basses Terres, vit une multitude de nations et peuples dispersés dont la démographie oscille entre plusieurs dizaines de milliers de personnes (par exemple, Chiquitanos : 145 000 ; Guaranís : 96 000 ; Mojeños : 42 000) et quelques individus. Sans exception, les 36 nations et peuples de cette région dont les langues sont officialisées constituent eux aussi des minorités démographiques (et politiques) au regard de l’État.

Q: Quelle est la part du vote « indien » dans le succès de cette réélection ?

Il est impossible de répondre à cette question car les résultats officiels ne sont pas encore parus et ne nous donneront aucune indication sur le sujet. Ce que l’on peut dire, c’est que le mouvement autochtone bolivien est actuellement divisé. Une partie des organisations soutiennent Evo Morales, l’autre a rompu son alliance avec le pouvoir à la suite de déconvenues, en particulier à l’issue du conflit du TIPNIS en 2011 et 2012 qui a marqué un véritable tournant dans les relations entre les organisations autochtones et le gouvernement de Morales. La mouvance pro-gouvernementale se compose pour l’essentiel d’organisations créées ou soutenues par le gouvernement et est alliée aux fédérations syndicales paysannes dont les membres constituent la base électorale historique du parti d’Evo Morales, le MAS – Movimiento al Socialismo. La frange contestataire se compose quant à elle des organisations historiques et autonomes déçues par la politique menée par Morales. Leurs principaux représentants ont soutenu ou se sont présentés avec l’opposition. Une partie de la confusion ambiante vient du fait que les organisations des deux parties se livrent à une forte concurrence et utilisent les mêmes noms. C’est le cas pour les deux principales organisations autochtones du pays, la Confédération Indigène de Bolivie (CIDOB) et le Conseil National des Ayllus et Markas du Qullasuyu (CONAMAQ). Si Morales a perdu une partie de son électorat initial en voyant s’éloigner une partie des organisations autochtones, il a conquis un nouvel électorat, celui des classes moyennes urbaines et la nouvelle bourgeoisie rurale.

Q: Quelles ont été les positions des organisations indiennes représentatives exprimées au cours de la campagne ?

Les organisations contestataires se sont largement mobilisées contre la politique économique d’Evo Morales. Celle-ci pourrait se définir comme développementiste et extractiviste. C’est une politique principalement basée sur l’extraction et l’exportation de matières premières. La manne engendrée permet de financer d’importantes politiques sociales (salaire minimum indexé sur l’inflation, instauration d’une pension de retraite, aides à l’éducation, assurance universelle, suivi médical gratuit pendant la grossesse, etc.) très appréciée de la population. Cette politique s’inscrit dans un mouvement de « reconquête » d’une souveraineté nationale mis à mal depuis les années 1980 par les ajustements structurels et les politiques néolibérales imposées par les organismes internationaux. Les organisations autochtones parlent de modèle néocolonial car cette politique développementiste et extractiviste provoque de forts impacts sur les territoires autochtones alors que ceux-là mêmes sont largement protégés par la Constitution. Il en est de même pour les droits des peuples autochtones qui ne sont pas respectés alors qu’ils sont largement reconnus. Les organisations autochtones contestataires réclament également une plus grande représentation dans les assemblées législatives et plus largement au sein des institutions de l’État. Cela, au nom du principe constitutionnel de plurinationalité.

Q: Quelles ont été les avancées relatives aux droits des indiens durant les 2 premières mandatures d’Evo Morales ?

Ces avancées ont été importantes en ce qui concerne la reconnaissance des droits. En 2007, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été érigée en loi nationale. La Constitution de 2009 intègre l’intégralité de cette Déclaration et une bonne partie de la Convention 169 de l’OIT. Elle garantit aux peuples autochtones le droit à la libre détermination, à l’autonomie, à l’autogouvernement et à la culture. Leurs institutions, leurs modes de gouvernance interne et leurs territoires sont reconnus et inscrits dans le nouvel agencement de l’État. Une dizaine de lois assoit ces principes constitutionnels et la question autochtone est devenue transversale dans le champ législatif et politique. Cette situation résulte bien évidemment d’une mobilisation permanente et intense du mouvement autochtone. Mais elle a aussi été permise voire promue par le gouvernement d’Evo Morales. Toutefois, à partir de 2009, ce dernier engage le pays dans ce qu’il nomme « un saut industriel » qui va venir stopper cette politique favorable aux peuples autochtones. Il existe une incompatibilité entre le modèle de développement choisi et l’application des droits des peuples autochtones.

Q: Y a t’il eu des insatisfactions ou des contradictions, je pense en particulier au conflit du TIPNIS ?

L’un des conflits socio-environnementaux les plus marquants est celui engagé depuis 2010 dans le Territoire Autochtone et Parc National Isiboro Sécure (TIPNIS) situé au centre du pays. Parc national depuis 1964 et premier territoire autochtone reconnu par l’État en 1990, le TIPNIS devient le symbole de la lutte autochtone en Bolivie après la signature avec des entreprises brésiliennes de contrats de construction d’une voie terrestre devant relier les bourgades de San Ignacio de Moxos et de Villa Tunari. Cette route doit traverser en son milieu et du nord au sud le TIPNIS. Ce conflit est le symbole de cette contradiction qui engage le pays dans une schizophrénie continue, balancée entre des principes de protection des populations et un modèle de développement peu soucieux des questions sociales, culturelles et environnementales. Le conflit du TIPNIS s’est traduit par une succession d’évènements retentissants qui ont marqué la vie politique nationale bolivienne au cours de ces dernières années Il a donné lieu à deux marches autochtones largement soutenues par la population, deux contremarches paysannes pilotées par le gouvernement bolivien, deux lois polémiques et un processus de consultation controversé. Des conflits du même acabit ont éclaté autour de projets d’aménagement (barrages, routes) dans le cadre de l’IIRSA (Initiative d’intégration de l’infrastructure de la région sud-américaine). À cela s’ajoutent les conflits « classiques » liés à la présence d’entreprises extractives en territoires autochtones (pétrolières, gazières, minières, forestières). Depuis 2009, le nombre de concessions n’a cessé d’augmenter dans le cadre de la politique d’industrialisation des ressources naturelles menées par le gouvernement d’Evo Morales. Tout cela génère déception et désillusion au sein du mouvement autochtone à l’égard de Morales et de sa politique.

Q: Quelles seront les priorités de cette troisième mandature ?

La politique développementiste et extractiviste devrait se poursuivre. C’est inscrit dans le programme de gouvernement d’Evo Morales 2015-2020. Le projet consiste à industrialiser le pays, proposer une infrastructure routière digne de ce nom, atteindre une autosuffisance alimentaire par l’extension programmée de la frontière agricole, éradiquer l’extrême pauvreté, maintenir les politiques sociales, etc. La Bolivie vit actuellement une phase économique euphorique avec un taux moyen de croissance de 5% depuis 2005. Une grande partie de la population bénéficie de cette situation. La volonté quasi-générale, c’est le « grand bon en avant ». Cela sans doute au détriment des territoires et des droits des peuples autochtones. Dans son programme, le gouvernement d’Evo Morales ne consacre que quelques lignes aux peuples autochtones. Il prévoit seulement de promouvoir les droits à l’échelle nationale et internationale. Rien n’est annoncé quant à une application effective des nombreux droits reconnus

Source: GITPA, http://www.gitpa.org/

*Laurent Lacroix est Docteur en sociologie, il analyse, depuis 1997, la situation socio-politique en Bolivie tout en centrant ses recherches sur les politiques ethniques et la question agraire dans ce pays. Il travaille sur le mouvement autochtone, les politiques publiques, les (ré)formes de l’Etat, les processus d’ethnicisation, la gouvernance territoriale et sur les effets des cultures d’exportation en Amérique latine. Entre 2006 et 2009, il fût coordinateur scientifique de l’équipe « Gouvernance et Genre » à l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) de Genève dans le cadre du programme NCCR North-South. Il est chercheur associé au CREDA (UMR 7227) et a obtenu, en 2009, la qualification pour exercer les fonctions de Maître de Conférence (Section CNU 19). Il est membre du projet ERC SOGIP, projet de recherche comparative, global, et multi scalaire sur les dimensions sociales, culturelles et politiques de la gouvernance et des droits des peuples autochtones. Pour plus d’informations sur ses activités :http://www.laurentlacroix.blogspot.com/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Article en ligne : « Bureaucratic Anxiety: Asymmetrical interactions and the role of documents in the Orinoco Delta, Venezuela »

Olivier Allard, 2012, « Bureaucratic Anxiety: Asymmetrical interactions and the role of documents in the Orinoco Delta, Venezuela« , Journal of Ethnographic Theory 2 (2), pp. 234–256

This ajournalrticle, which focuses on relations between Warao Amerindians and nonnative agents, describes documents as an opaque medium of interaction whose meaning is far from being shared, and which also create doubts as to the identity of the people involved. It suggests that such uncertainty is integral to the Warao’s involvement in asymmetrical relations with outsiders, which are inextricably political, economic, and moral. The current situation largely results from past administration by Spanish Catholic missionaries, and from the later involvement of Venezuela’s native population in national politics. Nowadays, documents are used by the Warao to switch between appeals to personal compassion and claims to administrative rights, and bureaucratic dealings are primarily articulated around the performative nature of writing. This also accounts for the mix of hope and anxiety that pervades the Warao’s interactions with nonnatives, when they use the latter’s own technology to impinge on them.

Lire l’intégralité de l’article ici

 

Publié dans Uncategorized | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Parution : « Les peuples autochtones et les industries extractives. Mettre en oeuvre le Consentement, libre, préalable et informé »

FCPI1Cathal Doyle et Jill Carino (dirs), Les peuples autochtones et les industries extractives : Mettre en oeuvre le Consentement, libre, préalable et informé, L’Harmattan et GITPA, 2014.

La Déclaration des droits des peuples autochtones de l’ONU et aussi l’attention croissante portée par les institutions internationales sur les relations souvent problématiques entre les industries d’extraction et les peuples autochtones, signale la nécessité d’un changement fondamental du mode d’engagement de l’industrie vis-à-vis de ces peuples. La gravité de ses impacts passés, les plaintes continues et l’envergure des futurs projets d’extraction en territoire autochtone ne laissent aucune place à la complaisance. Elles illustrent au contraire le besoin urgent d’engagement de la part de l’industrie afin d’assurer que les droits des peuples autochtones, qui sont reconnus au niveau international, soient respectés.

Ce rapport vise à établir une base pour le dialogue entre l’industrie et les peuples autochtones en ce qui concerne l’opérationnalisation du « Consentement, libre, préalable, informé – CLPI ».
Ce rapport est divisé en sept parties étroitement liées :
La 1ere développe les éléments d’orientation en vigueur fournis par le régime des droits de l’homme aux États et aux entreprises en rapport à l’opérationnalisation du CLPI.
Les 2ème et 3ème visent à donner un aperçu des points de vue autochtones.
La 4ème est basée sur des entretiens menés avec quatre des plus importantes entreprises minières au monde.
La 5ème présente des études de cas d’engagement du CPLI en Australie, au Canada, aux Philippines et au Panama.
La 6ème traite de l’importance de l’incorporation par les banques et les autres institutions financières internationales des exigences du CLPI.
La 7ème identifie un nombre d’enjeux essentiels qui suscitent des divergences d’opinions et de perspectives entre peuples autochtones et entreprises.

Accès à la Table des matières

Commander en ligne cet ouvrage

Liste des ouvrages deja parus dans la Collection Questions Autochtones

FCPI10-1

 

Publié dans Droit international, Environnement, industries extractives, Institutions internationales, Mouvements autochtones, Ressources naturelles, Territoire | Marqué avec , | Laisser un commentaire

Dos nuevas publicaciones sobre los Mapuche: El libro de Mapuexpress y We aukiñ zugú, Historia de los medios de comunicación mapuche.

La relación entre los Mapuche y los medios de comunicación destacada por dos libros publicados estos dos últimos meses que muestran ambos, como las circunstancias de marginalización comunicacional sufridas por los Mapuche (el cerco mediático), las resistencias y dinámicas de sobrevivencia de un pueblo lo ha conducido a construir su propio derecho a la comunicación.

El primero, We aukiñ zugú, Historia de los medios de comunicación  mapuche, de Felipe  Gutierrez Rios (ed. Mapuexpress-IWGIA) relata 30 años de estrategias de comunicación mapuche en Chile y en Argentina.

Le segundo, el libro de  mapuexpress informativo mapuche, publicado por Mapuexpress, colectivo informativo mapuche,  propone une compilación del trabajo digital editado desde mas de 14 años por el sitio web informativo  mapuexpress. (http://mapuexpress.org/)

Una breve presentación de los dos libros por sus autores:

Screenshot 2014-10-17 at 11.12.03« Un we aukiñ zugú, una nueva voz, recorre el Wallmapu (territorio  mapuche). No tan nueva, si se quiere, encuentra sus raíces en los  boletines de la resistencia a la dictadura, transita por las convocatorias a las marchas del quinto centenario de la llegada de los españoles en  los estudios radiales de Temuco y Santiago, se proyecta a través de las  incipientes páginas de Internet de finales de los noventa y se condensa hoy  en un puñado de radios, diarios, páginas web y proyectos audiovisuales  levantando una voz propia, un propio proyecto comunicacional. El presente libro no es una historia ni de despojo ni de sangre. Cuando mucho relata algunas persecuciones, tres o cuatro montajes y un par de  juicios que se desmoronaron por sí solos. Sí se trata de la historia de una  construcción: es el relato de ese puñado de historias que convergen en un  solo proyecto, que es el de darle el justo derecho a la comunicación a un  pueblo que lo perdió hace poco más de un siglo y que hoy asume que debe  no ya reclamarlo, sino construirlo.  Contar la historia de los medios de comunicación mapuche es también  contar la historia de la organización, del movimiento político y social  mapuche. A ratos, el relato de tal radio o de cual periódico no es más que  la excusa para contar de qué manera se estaban organizando los mapuches en esos años, o qué estaba ocurriendo en el territorio que llevó a construir esos medios. Este trabajo cuenta la historia de un camino ya recorrido  durante más de treinta años, es la sistematización, el encuentro de todas estas experiencias, contadas por sus protagonistas. »

Descargar:  

mapuexpress« RAKIZUAM TAÑI WALLMAPU… El libro de Mapuexpress es la primera publicación que se desarrolla colectivamente. Es una compilación de artículos de varios/as autores/as, tanto de integrantes del colectivo informativo como de colaboradores/as.

El trabajo de esta publicación comenzó durante el año 2010 y luego de varios esfuerzos y actualizaciones sale a la luz, dando cuenta de las diversas temáticas y aportes. El libro, busca hacer llegar de manera escrita e impresa el trabajo digital que por más de 14 años Mapuexpress viene desarrollando en pro de derechos y procesos de  justas causas que se vienen sosteniendo dentro del territorio ancestral de Wallmapu.

Este Viernes 17 de Octubre, a las 19.30 horas, en el salón del centro de extensiones de la Universidad de la Frontera, calle Prat 321, se realizará el Lanzamiento del libro de Mapuexpress, con la participación de coautores del libro e integrantes del colectivo informativo. Asimismo,  tendrá la intervención de representaciones territoriales Mapuche y la participación internacional de Kathryn Lehman, de visita en Ngulumapu – Chile, lingüista, investigadora de la Universidad de Auckland de Nueva Zelanda  y colaboradora en procesos Maorí. También habrá una importante participación artística, con la cantautora Susana Cofré; y la intervención libre del duo jarana desde México con son jarocho, junto a la exposición fotográfica en memoria del poeta, cantautor y fotógrafo  Alejandro Stuart. See more at: http://mapuexpress.org/2014/10/15/viernes-17-de-octubre-lanzamiento-en-temuco-del-libro-de-mapuexpress#sthash.mQp73RNk.dpuf« 

Publié dans Culture, Histoire, identité, Mouvements autochtones | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Deux nouvelles publications sur les Mapuche: Le livre de mapuexpress, informativo mapuche et « We aukiñ zugú, Historia de los medios de comunicación mapuche »

La relation entre les Mapuche et les moyens de communication est mise à l’honneur par deux ouvrages sortis ces deux derniers mois qui montrent tous deux comment les circonstances de la marginalisation des moyens de communications (le barrage médiatique), les résistances et les dynamiques de survie d’un peuple, l’ont conduit à construire son droit à la communication.

Le premier, We aukiñ zugú, Historia de los medios de comunicación  mapuche, de Felipe  Gutierrez Rios (ed. Mapuexpress-IWGIA) retrace 30 ans de stratégies de communication mapuche au Chili et en Argentine.

Le second, le livre de mapuexpress informativo mapuchepublié par Mapuexpress, collectif informatif dont une majorité des articles publiés sur le site web du même nom informe sur l’actualité des processus autochtones du territoire ancestral Mapuche et des autres terres autochtones du pays et des cinq continents, propose une recompilation du travail digital publié depuis plus de 14 ans par le site web informatif mapuexpress. (http://mapuexpress.org/)

Ci-dessous une brève présentation des deux ouvrages:

Screenshot 2014-10-17 at 11.12.03« Un we aukiñ zugú, une nouvelle voix traverse le Wallmapu (territoire mapuche). « Elle n’est pas si nouvelle. Elle puise ses racines dans les bulletins de la résistance à la dictature, transite par les convocations aux marches des 500 ans de l’arrivée des Espagnols, se projette à travers les pages internet de la fin des années 1990 et se diffuse aujoud’hui grâce à une poignée de radios, journaux, pages web et autres projets audiovisuels, faisant entendre une voix propre, un propre projet de communication. Le présent livre n’est pas une histoire de spoliation ni de sang. (…) Il s’agit d’une histoire de construction: le récit d’histoires qui convergent vers un seul projet: rendre sont droit à la communication à un peuple qui l’a perdu il y a plus d’un siècle et qui aujourd’hui assume  qu’il faut le construire, plutôt que le réclamer. Raconter l’histoire des moyens de communication mapuche signifie aussi raconter celle de l’organisation du mouvement politique et social mapuche. Parfois, les récits de tels radio ou journal sont une excuse pour montrer comment se sont organisés les Mapuche au cours de ces années, ou bien comment ce qui se passait dans les territoires les a conduit à construire ces moyens de communications. Ce travail raconte l’histoire d’un chemin parcouru depuis de 30 ans; c’est la systématisation, la rencontre de toutes ces experiences, racontée par leurs protagonistes ». (traduction de la quatrième de couverture)

Télécharger :

- la quatrième de couverture de l’ouvrage:  Portada_We_Aukiñ_Zugu_-_2014 (1)

- sa table des matières: Gutierrez_-_We_Aukiñ_Zugu_-_Indice_y_presentacion_2014 (1)

mapuexpressRAKIZUAM TAÑI WALLMAPU…, le livre de mapuexpress, informativo mapuche : « Il s’agit d’une recompilation d’articles d’auteurs, membres  ou contributeurs au collectif informatif « mapuexpress ». Le travail de cette publication initié en 2010 (…) cherche à  rendre compte par écrit des publications digitales proposées depuis plus de 14 ans par Mapuexpress en faveur des droits et des processus vécus au sein du territoire ancestral de Wallmapu ». (traduction de la présentation de l’ouvrage sur le site mapuexpress)

L’ouvrage sera présenté ce 17 octobre à 19h30 au Centro de extensiones de l’Université de la Frontera, calle Prat 321 à Temuco, en présence de co-auteurs de l’ouvrage, de membres du collectif informatif, de représentants mapuche et de Kathryn Lehman, lingüiste et chercheurse de l’Université d’Auckland de Nueva Zelanda. (pour plus d’informations sur l’évènement, voir: http://mapuexpress.org/2014/10/15/viernes-17-de-octubre-lanzamiento-en-temuco-del-libro-de-mapuexpress#sthash.mQp73RNk.dpbs)

Publié dans Uncategorized | Un commentaire

Parution : « Inégalités outre-mer »

Terrains et travauxParution du n°24 de Terrains et travaux intitulé « Inégalités outre-mer ». Ce numéro a été coordonné par Elise Lemercier, Valelia Muni Toke et Elise Palomares.

Les articles sont accessibles en ligne sur Cairn – http://www.cairn.info/revue-terrains-et-travaux-2014-1.htm#summary

Sommaire

Élise Lemercier, Valelia Muni Toke, Élise Palomares – Les Outre-mer français. Regards ethnographiques sur une catégorie politique

Stéphanie Mulot – Relations de soin, cultures et inégalités de santé. Les soignants de Guadeloupe face aux migrants haïtiens séropositifs

Hugo Bouvard – Le maintien du « cadre colonial » au sein d’un quotidien antillais. Logiques de dominations et résistances autochtones

Julien Merlin – L’émergence d’une compétence environnementale autochtone ? Le cas de Goro-Nickel en Nouvelle-Calédonie

Gaël Villoing, Sébastien Ruffié – Structuration associative en contexte post-colonial. Une quête d’autonomie pour les personnes handicapées en Guadeloupe

Audrey Célestine, Aurélie Roger – L’« outre-mer » à la croisée du national et du local. Construction, évolution et appropriations d’une catégorie sur trois terrains ultramarins

Hors-dossier

Yannick Le Hénaff, Julien Fuchs – « On n’est pas là pour faire le show ». La troisième mi-temps au rugby féminin, entre provocations et regards d’hommes

Publié dans Culture, Histoire | Marqué avec , , | Laisser un commentaire