Séance 6 du séminaire SOGIP Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones : « Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts », Jeudi 9 avril 2015

Jeudi 9 avril 2015, de 9h à 13h, Le séminaire aura lieu en Salle 1, EHESS, Bâtiment Le France, 190 av de France, 75013 Paris

6ème séance : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts

Séminaire coordonné par :

Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, LAIOS-IIAC et
Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP

Intervenants séance 6 :

Miquel FIGUERAS MOREU, « Qu’est-ce qu’un territoire au Venezuela ? » (doctorant EHESS, LAS)

Geoffroy FILOCHE, « Objets déconnectés ou pièces d’un puzzle ? Les droits fonciers des Amérindiens de Guyane » (IRD, GRED)

Jean-Pierre NGUEDE, « Les pygmées d’Afrique centrale : entre construction et déconstruction des modes de vie traditionnel et moderne » (doctorant EHESS, IMAF)

 Présentation séance 6 :

Nous consacrerons cette séance à l’analyse des dynamiques territoriales des peuples autochtones habitant les forêts. Les territoires autochtones et leurs ressources naturelles sont considérés aujourd’hui comme un élément central pour la garantie des droits de l’homme des peuples autochtones. Cela conduit à une multiplication de dynamiques qui rendent plus complexes les articulations de ces territoires aux systèmes politiques, économiques et juridiques. La cohabitation de différentes représentations du territoire, la superposition des lois et des institutions, la présence d’enjeux économiques contrastés transforment la gouvernance des territoires autochtones. Cela a pu dans certaines situations renforcer le rôle de ceux-ci comme noyau d’un projet politique, mais aussi créer de discontinuités, mettant en difficulté la sûreté de ces terres et la consolidation des droits reconnus.

Nous examinerons cela à travers l’étude de trois cas. Geoffroy Filoche, à partir de la Guyane française analysera les implications de l’imbrication des droits fonciers dans le maillage institutionnel et social du territoire départemental. La présentation de Jean-Pierre Nguede évoquera les enjeux de la transformation des modes de vie des Pygmées d’Afrique centrale suite à des expériences de migration. La présentation de Miquel Figueras Moreu se focalisera sur les effets du processus de titularisation des terres mené au Venezuela. Il mettra en relief les tensions existant entre les différentes représentations des territoires.

Résumés des interventions séance 6 :

Miquel FIGUERAS MOREU, « Qu’est-ce qu’un territoire au Venezuela ? »

La défense des peuples autochtones d’Amérique du Sud s’est fermement attachée aux cadres juridiques et à l’appareil d’Etat. Le droit foncier a été sans doute l’axe privilégié, le territoire étant conçu comme l’incarnation de l’économie, de la culture et de la philosophie autochtones. Vingt ans après les premières législations, le bilan est ambivalent : un succès indiscutable du point de vue quantitatif, surfaces, populations et droits confondus ; mais une victoire amère pour diverses raisons. La légalisation des terres a été un moteur d’assimilation et de dépendance aux cultures et économies nationales ; les titres sont contraints à une double renonciation : à la continuité territoriale (parcellisation), ou aux zones stratégiques concomitantes aux fronts d’expansion nationale (éloignement) – parfois les deux simultanément-. D’autre part, la propriété n’a pas assuré la sécurité, rien ne veille à l’accomplissement du droit. Et finalement, le contrôle des ressources continue soumis aux projets extractivistes d’Etats et d’entreprises multinationales.

Geoffroy FILOCHE, « Objets déconnectés ou pièces d’un puzzle ? Les droits fonciers des Amérindiens de Guyane »

Même si la France refuse toujours de reconnaître aux Amérindiens de Guyane le statut de peuples autochtones, des droits fonciers leur sont octroyés depuis 1987. Ces droits ne se laissent toutefois pas facilement appréhender. Initialement, leur étendue n’a été explicitée qu’a minima afin de sauvegarder les apparences d’égalitarisme républicain et de favoriser l’acceptabilité politique par la population créole de ces droits spécifiques et exclusifs. Parallèlement, les dispositifs fonciers en place sont débordés par les dynamiques sociales qu’ils prétendent réguler. Ils font l’objet de réappropriations parfois radicales par les communautés autochtones qui sont de plus en plus difficiles à justifier auprès des institutions publiques. Les décalages entre droit et fait sont d’autant plus crûment mis en lumière que les terres amérindiennes sont toujours plus imbriquées dans un espace guyanais faisant l’objet de nouvelles régulations résultant des politiques de conservation de la biodiversité (Parc amazonien de Guyane), d’urbanisme ou d’aménagement du territoire. Alors que les zones de vie autochtones ont été par le passé (relativement) déconnectées de la vie juridique et ont été gérées assez librement par les Amérindiens, des controverses émergent aujourd’hui concernant l’articulation de différentes légitimités sur un espace partagé. Dès lors, l’objectif principal de l’intervention est de montrer dans quelle mesure les droits fonciers des Amérindiens s’intègrent et évoluent dans le maillage institutionnel croissant du territoire guyanais. Les principaux résultats sont tirés d’une étude menée entre 2013 et 2014, coordonnée par Damien Davy (CNRS) et Geoffroy Filoche (IRD).

Jean-Pierre NGUEDE, « Les pygmées d’Afrique centrale : entre construction et déconstruction des modes de vie traditionnel et moderne »

Depuis quelques décennies, la sédentarisation des pygmées en Afrique, en Afrique centrale, en particulier, a permis la transformation des territoires jadis occupés par des pygmées en aires protégées, concessions forestières et minières et en plantations agro forestières. Le passage des modes de vie traditionnel, soutenu par des programmes d’organismes internationaux (Plan international, Unicef, etc.) et de la société civile, ne s’est pas vérifié sans problèmes: la relation tendue avec les bantous, la précarité du travail trouvé en village, le contexte de guerres continues dans la région sont des facteurs qui découragent les pygmées situés dans la frontière du Cameroun et de Centrafrique de leur intégration dans la civilisation. Ils sont chassés ou regagnent volontairement de façon progressive les profondeurs de la forêt. Seulement, elles sont confrontées à une adaptation difficile. Se situant dans les perspectives de construction et de déconstruction des modes de vie, cette communication vise à analyser la dynamique culturelle des pygmées dans un nouveau contexte particulier qui est celui du retour dans l’environnement de départ.

Présentation du séminaire années 2014-2015 :

6 séances, 2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

 

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Guyane: Rapport alternatif de l’ONAG au rapport produit par la France sur l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale

Ratification CERD. Source: http://indicators.ohchr.org/

Ratification CERD. Source: http://indicators.ohchr.org/

Le Comité des Nations unies examinera les 28 et 29 avril prochains le respect de la Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales par la France.  A l’issue de cet examen, le Comité lui adressera des recommandations au sein de son rapport d’ Observations finales.

A cette occasion, l’Organisation des Nations Autochtones de Guyane (ONAG), coordonnée par Florencine Edouard et assistée de l’expertise de Karine Rinaldi, spécialiste  en droit international des peuples autochtones, présentera son rapport alternatif au rapport présenté par la France sur le respect de la Convention, qui interpelle en particulier le Comité sur les violations de l’article 1 de la Convention, des droits de propriété fonciers des peuples autochtones de Guyane, ainsi que de leurs droits à l’éducation et à la santé.

Ci-joint: Rapport-alternatif-ONAG-CERD 2015

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L’état d’Aguascalientes approuve deux initiatives de loi relatives aux autochtones

La Commission des Services gouvernementaux et des questions  constitutionnelles a approuvé à l’unanimité deux initiatives de loi concernant les autochtones qui lui ont été présentées: l’initiative de Loi pour la promotion des droits et culture autochtone d’Aguascalientes et la Loi de justice autochtone de l’état d’Aguascalientes.

Même s’il n’y a pas de communautés autochtones établies dans l’état d’Aguasclaientes, la loi vise à reconnaître les droits et obligations des personnes autochtones qui transitent ou habitent de façon temporaire dans la zone concernée. L’objectif principal de ces lois est de lutter contre la discrimination et de réduire l’écart d’inégalité et de promouvoir le respect et la tolérance pour ce groupe social, ainsi que de garantir des droits de base, tel que l’accès aux services de santé, et éducation.

Note intégrale en espagnol: http://www.lja.mx/2015/03/aprueban-en-comision-de-gobernacion-ley-que-protege-a-indigenas-en-el-estado/

El estado de Aguascalientes aprueba dos iniciativas de ley en materia indigena

La Comisión de Gobernación y Puntos Constitucionales aprobó por unanimidad el dictamen que contiene la iniciativa de Ley de Fomento de Derechos y Cultura Indígena de Aguascalientes y la referente a la Ley de Justicia Indígena del Estado de Aguascalientes.

En el documento, los promoventes reconocen que si bien no existen asentamientos o comunidades indígenas en el estado, estas personas sí transitan o viven de forma temporal en la entidad. Ambas propuestas van encaminadas a proteger a las personas indígenas, reconociendo sus derechos y obligaciones con el propósito de mitigar la discriminación de la que son objeto, disminuir la brecha de desigualdad de la que son víctimas y fomentar el respeto y tolerancia hacia este grupo social, garantizando derechos básicos como el acceso a servicios de salud, educación, entre otros.

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Parution de l’ouvrage collectif « Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones », dirigé par Irène Bellier aux éditions L’Harmattan

L’ouvrage « Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones » vient de paraître aux éditions L’Harmattan dans la collection « Horizons autochtones ». Il a été conçu à partir d’un atelier international consacré aux peuples autochtones et à leurs droits à la terre, aux politiques de conservation et aux industries extractives, organisé par l’équipe SOGIP en juin 2013.

Le livre peut être commandé en ligne sur le site de l’éditeur L’Harmattan (format papier, PDF ou e-book) http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=46070

Liste des contributeurs par ordre d’apparition :

Irène Bellier ; Arturo Escobar ; Jon Altman ; Richard Chase Smith ; Brian Thom ; Morita Carrasco ; Leonardo Tamburini ; Francesca Thornberry ; Andrew Erueti ; Gérard Collomb ; Stéphanie Guyon ; Brigitte Wyngaarde ; Caroline Desbiens ; Irène Hirt ; Pekuakamiulnuatsh Takuhikan ; Oiara Bonilla ; Artionka Capiberibe ; Justin Kenrick ; Robert Hitchcock ; Sarah Benabou ; Tuhiira Terahi Tuki Huke ; Leslie Cloud ; Claire Levacher ; Samuel Gorohouna ; Brian Wyatt ; Mark Harris ; Felix Padel ; Samarendra Das ; Juan Luis Sariego Rodríguez

4ème de couverture :

La reconnaissance de droits territoriaux, l’usage et la protection des ressources naturelles, le rapport à la terre occupent une place centrale dans les revendications des peuples autochtones. Ces problématiques furent au cœur de la négociation de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, adoptée en 2007.

couverture-71a57Bousculés par l’avancée des fronts de colonisation liés à la réalisation de grands projets d’infrastructures, perturbés par l’intensification des activités minières et agro-industrielles ou par la mise en place de réserves écologiques sur leurs territoires, face à l’État mais trop souvent sans disposer d’une citoyenneté pleine et entière, les peuples autochtones peuvent-ils connaître un « développement » compatible avec le respect des droits humains ? Cette question qui s’adresse à l’ensemble du monde, sans distinction de race, de genre ou de confession, concerne précisément ces populations qui tirent subsistance de la terre et dont la fragilité des situations juridiques accentue la vulnérabilité.

Ce livre a été conçu à partir d’un atelier interna- tional, financé par le Conseil européen de la recherche et organisé par l’équipe SOGIP (ERC 249236) qui travaille sur les échelles de la gouvernance reliant les Nations unies, les États et les peuples autochtones, et sur les sens de l’auto-détermination à l’heure de la globalisation. Amorcé par une réflexion sur le lien entre « terres », « territoires » et « ressources » qui a été établi par les négociateurs du droit et que les ontologies autochtones éclairent, le livre aborde trois grandes problématiques. La première traite des droits fonciers et territoriaux, du besoin d’une sécurité juridique et de la relation à la terre, la deuxième questionne la place de l’humain dans les projets de développement ou de protection de l’environnement, la dernière se penche sur les enjeux miniers.

Des anthropologues, des géographes, des juristes, des leaders autochtones, des politistes offrent ici un tour d’horizon de ces problématiques dans une quinzaine de pays et cinq continents, comme pour un précédent ouvrage portant sur les enjeux de la reconnaissance pour les peuples autochtones, paru dans cette même collection.

Table des matières :

Irène Bellier
« Terres, territoires, ressources » : les relations entre politique, économie, culture et droits des peuples autochtones

PREMIÈRE PARTIE—–DES DROITS SUR LE TERRITOIRE. PROPRIÉTÉ, SÉCURITÉ, REPRÉSENTATIONS

Arturo Escobar
Territoires de la différence : l’ontologie politique des « droits au territoire »

Jon Altman
Économie et écologie politiques des droits sur la terre des autochtones en Australie

Richard Chase Smith
Les communautés autochtones du Pérou : pourquoi ne veut-on pas les voir ?

Brian Thom
Confusion sur les territoires autochtones au Canada

Morita Carrasco
Sens du combat autochtone pour la propriété du territoire Argentine : région semi-aride du Chaco

Leonardo Tamburini
Peuples autochtones en Bolivie : du renforcement territorial aux autonomies

Francesca Thornberry
Les droits fonciers des peuples autochtones dans le bassin du Congo – pour un meilleur cadre légal

Andrew Erueti
Réparations pour les peuples autochtones : Canada, Nouvelle-Zélande et Australie

Gérard Collomb et Stéphanie Guyon
« Droit à la terre », institutions coutumières et jeux politiques en Guyane. L’exemple des zones de droits d’usage collectifs

Brigitte Wyngaarde
Les zduc, un enjeu politique…

DEUXIÈME PARTIE——DÉVELOPPEMENT OU CONSERVATION : AVEC QUI ?

Caroline Desbiens, Irène Hirt et Pekuakamiulnuatsh Takuhikan
Développement industriel et négociations territoriales au Canada : défis et enjeux d’une nouvelle forme de traité

Artionka Capiberibe et Oiara Bonilla
Reculs légaux et violations des droits des peuples autochtones au Brésil : face à l’assaut du développement

Justin Kenrick
Protéger l’environnement en respectant les droits des peuples des forêts au Kenya

Robert K. Hitchcock
Environnement, culture et conflits d’usage dans le Kalahari central, Botswana

Sarah Benabou
Parcs et populations locales en Inde : les dessous d’une coexistence explosive

Tuhiira Terahi Tuki Huke et Leslie Cloud
Rapa Nui, un territoire placé sous régime patrimonial : les défis de sa restitution au peuple maori rapa nui

TROISIÈME PARTIE——ENJEUX MINIERS : QUELLES RESSOURCES EN PARTAGE ? POUR QUI ?

Claire Levacher
Les peuples autochtones et les sociétés transnationales minières : de la régulation internationale aux accords locaux

Samuel Gorohouna
Une voie économique kanak ? Implication autochtone autour du nickel et de l’usine du Nord

Brian Wyatt
Protéger les droits, la culture et la tradition au sein d’une économie en croissance

Mark Harris
Extraction des ressources et valeur du patrimoine culturel, en Australie occidentale

Felix Padel et Samarendra Das
Mouvements contre l’industrie minière en Inde : Les Adivasis pourront-ils arrêter le nivellement par le bas ?

Juan Luis Sariego Rodríguez
Droits autochtones et conflits miniers au Mexique

Référence :

Bellier, Irène (dir.), 2014, Terres, territoires, ressources : Politiques, pratiques et droits des peuples autochtones, L’Harmattan, coll. Horizons Autochtones, 394 pages. ISBN : 978-2-343-05543-5

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SEMINAIRE SOGIP : 5ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

La 5ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 12 mars 2015. La séance aura pour thème:

Les défis de la participation politique

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 9 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et 9 avril 2015.

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 5 : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

Intervenants – séance 5 :

Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) : Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)

David Recondo (CERI-Sciences Po) : Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique

Alf Gunvald Nilsen (Université de Bergen) : “Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India

Présentation – séance 5

A la fin du siècle dernier, les peuples autochtones ont émergé dans la vie politique nationale et internationale. Leur participation dans des mouvements sociaux et dans des institutions étatiques dans différents pays leur a permis de se présenter comme des acteurs politiques et plus seulement comme des récepteurs passifs des politiques. Leur investissement a produit de riches expériences par lesquelles ils ont cherché à exercer leur droit à la participation à la vie politique. Parmi elles, on remarque la création, la récupération ou la réadaptation d’institutions autochtones, la participation dans les institutions étatiques, l’innovation dans les répertoires d’action, la formation de dispositifs de représentation. Tous ces apprentissages influencent les trajectoires individuelles et collectives de ces peuples.
Aujourd’hui, alors que le droit à la participation et à la citoyenneté est reconnu de longue date aux individus et plus récemment aux peuples autochtones dans plusieurs instruments juridiques internationaux et lois nationales, l’affirmation des personnes et collectifs autochtones comme acteurs de la vie politique n’a rien d’évident ni de simple. Partout, ces groupes font face à d’importants défis pour s’affirmer comme acteurs au niveau local, national et international, pour faire entendre leurs voix et participer à la résolution des conflits dans lesquels ils sont pris.
Nous explorerons différents aspects de cette problématique à travers trois interventions. Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) présentera une analyse comparative de l’entrée des autochtones en politique dans trois pays d’Amazonie. David Recondo (CERI-Sciences Po) analysera la différenciation symbolique entre les régimes représentatifs « libéral-occidental » et « coutumier-indigène » au Mexique. Alf Nilsen (Université de Bergen), évoquera de manière critique les mouvements d’émancipation adivasi et l’expression d’une « citoyenneté insurgée » en Inde.

Résumés/programme – séance 5

Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)
Jean-Pierre Chaumeil, CNRS-UPO – LESC

On proposera dans cette intervention un résumé des principales recherches menées par le GDRI APOCAMO que coordonne l’Institut Français d’Etudes Andines de Lima (Pérou). Ce groupe a analysé de manière comparative le processus de construction de nouveaux modes de représentativité politique autochtone, en essayant de mettre en lumière les spécificités propres à chaque cas. Il s’est interrogé sur l’apparition de nouvelles formes de leadership et de représentation politique au sein des communautés, sur le processus croissant d’urbanisation et la mise en place chaque jour plus avérée d’une bureaucratie –voire d’une diplomatie– indigène, ainsi que sur les conséquences politiques des conflits socio-environnementaux opposant compagnies extractives et peuples autochtones, notamment à travers l’usage politique de certains rituels. On s’interrogera également sur la question de la représentativité effective de ces collectifs et sur l’activité de contrôle de leur univers par l’Etat que pourrait éventuellement signifier cette forme conventionnelle d’entrée en politique.

Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique
David Recondo, CERI-Sciences Po

Depuis les années 1990, les revendications des mouvements indiens et les politiques multiculturalistes mises en œuvre par les États latino-américains ont contribué à forger l’idée d’une différence ontologique entre un système libéral-représentatif (reposant le plus souvent sur une mise en concurrence de candidats accrédités par des partis politiques) et un système communaliste-participatif (fondé sur une logique de service obligatoire des individus au profit de la collectivité). Nous étudierons comment s’est construit cette dichotomie, dans un contexte où les pratiques électorales et représentatives sont caractérisées par une forte hybridité. Il s’agira, en somme, de faire une archéologie des modes de formation et de légitimation d’une distinction entre régimes de représentation, fondés sur l’idée d’une différence ethnoculturelle radicale.

“Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India
Alf Gunvald Nilsen (University of Bergen)

The political vocabulary of citizenship figures centrally in many of the oppositional projects articulated by subaltern groups in India. Dalits, poor rural women, informal sector workers, lower caste peasantries and Adivasis have articulated rights-based claims that appropriate “the universalizing vocabularies” (Corrigan and Sayer, 1985) of the postcolonial Indian state in which citizenship figures as a foundational idiom (Jayal 2013). In the process, these universalizing vocabularies are transformed to such an extent that “the practice of claims making is generative of new understandings and subjects of rights”. However, as much as the crystallization of a subaltern politics of “insurgent citizenship” (Holston 2008) has destabilized the hegemonic position of dominant groups in India, there are good reasons to raise questions about the extent to which subaltern mobilizations around citizenship in India have in fact resulted in the kind of democratic deepening that would be required to achieve a “sustained (re)allocation of resources and shifting of power relations within which chronic poverty is embedded” (Hickey and Bracking 2005 : 851 ; see also Heller 2000).
In order to know if the ways in and extent to which citizenship is a political idiom capable of bringing about real, practical emancipation for subaltern groups in contemporary India, Nilsen will consider how Bhil Adivasis in western Madhya Pradesh have organized and mobilized. He will show how the emergence of a subaltern politics of insurgent citizenship in the Bhil communities enabled a set of emotional and practical transformations that engendered new forms of political subjectivity and agency. Insurgent citizenship led for a more radical demand for Adivasi self-rule, a claim that was quelled through campaigns of state repression.

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Prochaine séance
Jeudi 9 avril 2015 : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts,
EHESS, 190 avenue de France 75013 Paris
Rdc salle 1

Intervenants :
Geoffroy FILLOCHE (GRED/IRD),
Jean-Pierre Nguede Ngono (doctorant EHESS),
Miquel FIGUERAS MOREU (doctorant EHESS)

 

 

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Prochain séminaire Edgar Morin « Jésus, Allah et Ch’ul Tatik : légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien » – 23 février 2015 EHESS Paris

Originally posted on Réseau Peuples Autochtones:

Le prochain séminaire du Centre Edgar Morin aura lieu
Lundi 23 février 2015 – de 15h à 17h
(salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris)
Misgav Har-Peled est chercheur associé au centre Edgar Morin

Jésus, Allah et Ch’ul Tatik (« notre Père sacré ») :

Légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien

Résumé : Dieu transforma des humains en cochons, nous racontent des légendes des mondes arabe, européen et amérindien. Si ce thème surgit dans des aires culturelles inter- connectées et en même temps, très diverses, religieusement et culturellement, la question est : comment le sens de la transformation elle-même change d’un système culturel-religieux donné à l’autre? Cette question sera traitée au travers de trois exemples : une gravure allemande du quatorzième siècle, un livre de fondamentaliste musulman contemporain (2000) et un récit d’un village Maya Tzeltal au Chiapas, Mexique (1975). Cette interrogation nous amènera à réfléchir sur la transformation comme explication de l’interdit alimentaire, de la ressemblance physique entre l’homme et l’animal…

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La Cour suprême de justice mexicaine analysera le caractère constitutionnel de la Loi minière

Les ministres de la première chambre de la Cour  suprême ont reconnu leur compétence pour considérer les dénonciations qu’une communauté autochtone de l’état de Guerrero a présenté à propos de la violation des droits constitutionnels des peuples autochtones.
Analizará SCJN ley minera por afectaciones a comunidades indígenas
Los ministros de la primera sala de la SCJN reasumieron su competencia originaria para conocer el amparo promovido por la comunidad de San Miguel del Progreso, Municipio de Malinaltepec, Guerrero, conformado por el pueblo indígena Me’phaa, la cual demanda que se respete el derecho de los pueblos indígenas a ser consultados antes de que se proceda a la explotación de los recursos naturales en su territorio.
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