SEMINAIRE SOGIP : 5ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

La 5ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 12 mars 2015. La séance aura pour thème:

Les défis de la participation politique

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 9 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et 9 avril 2015.

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 5 : 12 mars 2015 : Les défis de la participation politique

Intervenants – séance 5 :

Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) : Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)

David Recondo (CERI-Sciences Po) : Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique

Alf Gunvald Nilsen (Université de Bergen) : “Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India

Présentation – séance 5

A la fin du siècle dernier, les peuples autochtones ont émergé dans la vie politique nationale et internationale. Leur participation dans des mouvements sociaux et dans des institutions étatiques dans différents pays leur a permis de se présenter comme des acteurs politiques et plus seulement comme des récepteurs passifs des politiques. Leur investissement a produit de riches expériences par lesquelles ils ont cherché à exercer leur droit à la participation à la vie politique. Parmi elles, on remarque la création, la récupération ou la réadaptation d’institutions autochtones, la participation dans les institutions étatiques, l’innovation dans les répertoires d’action, la formation de dispositifs de représentation. Tous ces apprentissages influencent les trajectoires individuelles et collectives de ces peuples.
Aujourd’hui, alors que le droit à la participation et à la citoyenneté est reconnu de longue date aux individus et plus récemment aux peuples autochtones dans plusieurs instruments juridiques internationaux et lois nationales, l’affirmation des personnes et collectifs autochtones comme acteurs de la vie politique n’a rien d’évident ni de simple. Partout, ces groupes font face à d’importants défis pour s’affirmer comme acteurs au niveau local, national et international, pour faire entendre leurs voix et participer à la résolution des conflits dans lesquels ils sont pris.
Nous explorerons différents aspects de cette problématique à travers trois interventions. Jean-Pierre Chaumeil (CNRS-UPO – LESC) présentera une analyse comparative de l’entrée des autochtones en politique dans trois pays d’Amazonie. David Recondo (CERI-Sciences Po) analysera la différenciation symbolique entre les régimes représentatifs « libéral-occidental » et « coutumier-indigène » au Mexique. Alf Nilsen (Université de Bergen), évoquera de manière critique les mouvements d’émancipation adivasi et l’expression d’une « citoyenneté insurgée » en Inde.

Résumés/programme – séance 5

Anthropologie politique contemporaine en Amazonie occidentale (Pérou, Colombie, Equateur)
Jean-Pierre Chaumeil, CNRS-UPO – LESC

On proposera dans cette intervention un résumé des principales recherches menées par le GDRI APOCAMO que coordonne l’Institut Français d’Etudes Andines de Lima (Pérou). Ce groupe a analysé de manière comparative le processus de construction de nouveaux modes de représentativité politique autochtone, en essayant de mettre en lumière les spécificités propres à chaque cas. Il s’est interrogé sur l’apparition de nouvelles formes de leadership et de représentation politique au sein des communautés, sur le processus croissant d’urbanisation et la mise en place chaque jour plus avérée d’une bureaucratie –voire d’une diplomatie– indigène, ainsi que sur les conséquences politiques des conflits socio-environnementaux opposant compagnies extractives et peuples autochtones, notamment à travers l’usage politique de certains rituels. On s’interrogera également sur la question de la représentativité effective de ces collectifs et sur l’activité de contrôle de leur univers par l’Etat que pourrait éventuellement signifier cette forme conventionnelle d’entrée en politique.

Archéologie d’une altérisation. La différenciation symbolique entre les régimes représentatifs libéral-occidental et coutumier-indigène au Mexique
David Recondo, CERI-Sciences Po

Depuis les années 1990, les revendications des mouvements indiens et les politiques multiculturalistes mises en œuvre par les États latino-américains ont contribué à forger l’idée d’une différence ontologique entre un système libéral-représentatif (reposant le plus souvent sur une mise en concurrence de candidats accrédités par des partis politiques) et un système communaliste-participatif (fondé sur une logique de service obligatoire des individus au profit de la collectivité). Nous étudierons comment s’est construit cette dichotomie, dans un contexte où les pratiques électorales et représentatives sont caractérisées par une forte hybridité. Il s’agira, en somme, de faire une archéologie des modes de formation et de légitimation d’une distinction entre régimes de représentation, fondés sur l’idée d’une différence ethnoculturelle radicale.

“Real, Practical Emancipation” ? Subaltern Politics and Insurgent Citizenship in Contemporary India
Alf Gunvald Nilsen (University of Bergen)

The political vocabulary of citizenship figures centrally in many of the oppositional projects articulated by subaltern groups in India. Dalits, poor rural women, informal sector workers, lower caste peasantries and Adivasis have articulated rights-based claims that appropriate “the universalizing vocabularies” (Corrigan and Sayer, 1985) of the postcolonial Indian state in which citizenship figures as a foundational idiom (Jayal 2013). In the process, these universalizing vocabularies are transformed to such an extent that “the practice of claims making is generative of new understandings and subjects of rights”. However, as much as the crystallization of a subaltern politics of “insurgent citizenship” (Holston 2008) has destabilized the hegemonic position of dominant groups in India, there are good reasons to raise questions about the extent to which subaltern mobilizations around citizenship in India have in fact resulted in the kind of democratic deepening that would be required to achieve a “sustained (re)allocation of resources and shifting of power relations within which chronic poverty is embedded” (Hickey and Bracking 2005 : 851 ; see also Heller 2000).
In order to know if the ways in and extent to which citizenship is a political idiom capable of bringing about real, practical emancipation for subaltern groups in contemporary India, Nilsen will consider how Bhil Adivasis in western Madhya Pradesh have organized and mobilized. He will show how the emergence of a subaltern politics of insurgent citizenship in the Bhil communities enabled a set of emotional and practical transformations that engendered new forms of political subjectivity and agency. Insurgent citizenship led for a more radical demand for Adivasi self-rule, a claim that was quelled through campaigns of state repression.

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Prochaine séance
Jeudi 9 avril 2015 : Les enjeux fonciers pour les peuples habitant les forêts,
EHESS, 190 avenue de France 75013 Paris
Rdc salle 1

Intervenants :
Geoffroy FILLOCHE (GRED/IRD),
Jean-Pierre Nguede Ngono (doctorant EHESS),
Miquel FIGUERAS MOREU (doctorant EHESS)

 

 

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Prochain séminaire Edgar Morin « Jésus, Allah et Ch’ul Tatik : légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien » – 23 février 2015 EHESS Paris

Originally posted on Réseau Peuples Autochtones:

Le prochain séminaire du Centre Edgar Morin aura lieu
Lundi 23 février 2015 – de 15h à 17h
(salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris)
Misgav Har-Peled est chercheur associé au centre Edgar Morin

Jésus, Allah et Ch’ul Tatik (« notre Père sacré ») :

Légendes sur la transformation porcine en monde arabe, européen et amérindien

Résumé : Dieu transforma des humains en cochons, nous racontent des légendes des mondes arabe, européen et amérindien. Si ce thème surgit dans des aires culturelles inter- connectées et en même temps, très diverses, religieusement et culturellement, la question est : comment le sens de la transformation elle-même change d’un système culturel-religieux donné à l’autre? Cette question sera traitée au travers de trois exemples : une gravure allemande du quatorzième siècle, un livre de fondamentaliste musulman contemporain (2000) et un récit d’un village Maya Tzeltal au Chiapas, Mexique (1975). Cette interrogation nous amènera à réfléchir sur la transformation comme explication de l’interdit alimentaire, de la ressemblance physique entre l’homme et l’animal…

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La Cour suprême de justice mexicaine analysera le caractère constitutionnel de la Loi minière

Les ministres de la première chambre de la Cour  suprême ont reconnu leur compétence pour considérer les dénonciations qu’une communauté autochtone de l’état de Guerrero a présenté à propos de la violation des droits constitutionnels des peuples autochtones.
Analizará SCJN ley minera por afectaciones a comunidades indígenas
Los ministros de la primera sala de la SCJN reasumieron su competencia originaria para conocer el amparo promovido por la comunidad de San Miguel del Progreso, Municipio de Malinaltepec, Guerrero, conformado por el pueblo indígena Me’phaa, la cual demanda que se respete el derecho de los pueblos indígenas a ser consultados antes de que se proceda a la explotación de los recursos naturales en su territorio.
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Compte-rendu du livre « Peuples autochtones dans le monde. Les enjeux de la reconnaissance » paru dans la revue ethnographiques

couv_miniCompte-rendu de l’ouvrage collectif « Peuples autochtones dans le monde. Les enjeux de la reconnaissance » dirigé par Irène Bellier et publié chez  L’Harmattan en 2013. Un compte-rendu par Anne Lavanchy paru dans la revue en ligne Ethnographiques.org, le 11 décembre 2014.

Quelle est la situation des peuples autochtones après la proclamation par l’ONU de deux décennies consécutives leur étant consacrées (1995-2005 ; 2005-2015) ? Quels sont les enjeux de la mise en pratique des instruments juridiques de reconnaissance suite à l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur leurs droits (2007) ? Comment rendre ces droits effectifs ? Telles sont les questions abordées dans les dix-sept contributions rassemblées par Irène Bellier, dont une préface par Rodolfo Stavenhagen, l’ancien rapporteur pour les peuples autochtones auprès des Nations unies.

Les articles de cet ouvrage collectif sont organisés selon deux axes. La première partie d’entre eux s’intéresse aux enjeux politiques des processus de catégorisation ; la seconde moitié de l’ouvrage est consacrée aux interactions entre le droit, et notamment les dispositifs légaux internationaux, et le politique. La dimension juridique se trouve de fait au cœur de la thématique autochtone. Il n’est donc pas surprenant que les contributions jettent un éclairage sur les états-nations, en interrogeant leurs contours, leurs diverses territorialisations et, enfin, les limites à l’intérieur desquelles s’exerce leur pouvoir (délégation, reconnaissance de souveraineté).

Si l’ouvrage a l’ambition de couvrir l’autochtonie dans sa dimension mondiale, une majorité des textes concerne les Amériques, dans lesquelles cette thématique connaît un écho particulièrement retentissant, et trouve d’ailleurs son origine. Les divers ancrages institutionnels et disciplinaires des auteur-e-s illustrent aussi l’ampleur de la problématique : anthropologues, sociologues, juristes, avocat.e.s et acteurs/actrices autochtones offrent des perspectives variées qui rendent compte de la complexité de la question autochtone, et des formes qu’elle prend au gré des contextes nationaux, politiques et économiques. Lire la suite

Source : Ethnographiques.org

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SEMINAIRE SOGIP : 4ème séance du séminaire de recherche «Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones» (années 2014/2015) : 12 février 2015 : Gouvernance globale et citoyenneté locale

La 4ème séance du séminaire SOGIP coordonné par : Irène Bellier, Directrice de Recherche au CNRS, IIAC/LAIOS et Verónica González González, postdoctorante LAIOS-SOGIP aura lieu le 12 février 2015. La séance aura pour thème:

Gouvernance globale et citoyenneté locale

Présentation générale du séminaire : Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – années 2014-2015 : participation politique et citoyenneté

2ème jeudi du mois de 9 h à 13 h, EHESS, salle du Conseil A, bâtiment Le France, 190-198 avenue de France 75013 Paris), du 13 novembre 2014 au 16 avril 2015. Ouvert à tous.

Le séminaire se déroulera autour de 6 séances : 13 novembre 2014, 11 décembre 2014, 8 janvier 2015, 12 février 2105, 12 mars 2015 et le 16 avril 2015 (A la place du 9 avril, le 16 avril se tiendra la dernière séance du séminaire dans le cadre de la conférence SOGIP qui aura lieu du 15 au 17 avril au France.)

Le séminaire de l’équipe SOGIP (ERC 249 236, IIAC-LAIOS) examine les perspectives ouvertes par l’adoption en 2007 de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Peuples autochtones (DDPA). Cette année, il aura comme principal horizon de réflexion l’exercice par les peuples autochtones de leurs droits civils et politiques et, dans un sens large, de la citoyenneté. Ces groupes historiquement mis aux marges de la société et de l’Etat, se sont souvent mobilisés pour demander un traitement égalitaire. Leurs demandes ont abouti, dans différents cas, à des propositions de modèles de citoyenneté qui, tout en reconnaissant le caractère universel de la citoyenneté et l’importance des droits de l’homme à caractère individuel, soulèvent le besoin de reconnaître des particularités culturelles et ethniques, ainsi que des droits collectifs comme une condition nécessaire à la garantie d’une citoyenneté effective, et inclusive. La DDPA énonce les bases d’une telle citoyenneté, qui se veut également respectueuse des institutions politiques dont les peuples autochtones se sont dotés pour se gouverner. La mise en place des modèles de citoyenneté culturelle comporte autant d’opportunités que de risques pour la consolidation des projets politiques. L’exercice des droits politiques et civils des peuples autochtones rencontre, au niveau pratique, de nombreuses contradictions que nous essaierons d’identifier au cours des différentes séances.

Séance 4 : 12 février 2015 : Gouvernance globale et citoyenneté locale

Intervenants – séance 4:

Tassadit Yacine (Directrice d’études LAS/EHESS) : Berbères d’Algérie

 Didier Le Saout (maître de conférence, Université paris 8) : Le mouvement amazigh entre discours pour la promotion d’une identité et institutionnalisation

 Akiyo Afouda (Chargé des droits de l’homme, Union interparlementaire) : La contribution de l’Union interparlementaire à l’implication des parlementaires dans la promotion des droits des peuples autochtones

Présentation – séance 4:

Au moment où les sens du local et du national sont mis en question par la mondialisation, les mobilisations autochtones produisent de nouvelles pratiques et de nouveaux dispositifs symboliques et politiques sur lesquelles reposent leurs projets collectifs. En mobilisant la rhétorique des droits, à la fois dans des lieux où on fabrique le sens du global et dans les lieux où on fabrique le sens du local, les peuples autochtones essaient de se servir des outils de la gouvernance mondiale pour articuler leurs aspirations aux imaginaires et aux spatialités socio-politiques.

Ce scénario soulève d’importants challenges tant pour l’exercice de la citoyenneté autochtone que pour les sciences sociales : quels sont les liens d’appartenance au local, au national et à l’international qui (ou que) construisent les peuples autochtones dans la gouvernance mondiale ? Quels dispositifs pourraient répondre à leurs attentes et à celles des  instances de gouvernement quant à la représentation politique de ces peuples? Quel rôle joue la localité dans la gouvernance mondiale et quels dangers cela comporte pour la participation politique des peuples autochtones ? Quels sont les rapports de force entre les différents domaines internationaux, nationaux, locaux, en ce qui concerne les droits politiques des peuples autochtones? Quel intérêt pourrait avoir des termes tels que « transnational », « global » ou « glocal » pour comprendre ces nouveaux phénomènes?

Nous réfléchirons à ces questions à la lumière de deux cas : le premier d’eux concerne les peuples berbères d’Algérie et du Maroc dont l’identité constitue, à la fois, un atout de résistance et de mobilisation politique transnationale. Le deuxième cas portera sur le rôle de l’Union interparlementaire dans le renforcement de la représentation des peuples autochtones dans les parlements.

Résumés – séance 4:

Tassadit Yacine (Directrice d’études LAS/EHESS) : Berbères d’Algérie

 L’Algérie est le pays qui compte le plus de Berbérophones après le Maroc. Ils comptent entre plus d’un quart et moins d’un tiers de la population (d’environ 37 millions d’habitants).

Ces populations dont la survie a été marquée par la résistance ont, hormis la langue berbère, conservé leur législation, leur gestion de la cité qu’on a aisément comparée à celle de la Grèce antique. Leur identité s’est en quelque fondée sur la lutte et sur la résistance.

 Les Kabyles ont joué un rôle important dans le mouvement national et pendant la guerre d’Algérie. Leur investissement dans la future nation a été très important. Néanmoins, la construction de l’État-nation s’est effectuée contre eux puisqu’ils seront, de surcroît, désignés comme des ennemis de la nation voire des traitres. Marginalisés, privés de leur culture, suspects, ils se soulevèrent en 1980 lorsqu’un de leur poète, Mouloud Mammeri, a été interdit de parole, ce qui a été à l’origine des événements du printemps 80. Ce mouvement lutte, depuis, en faveur de la reconnaissance de la langue berbère et des libertés démocratiques. Un Mouvement culturel est né (MCB), des partis politiques sont reconnus depuis 1988. Mais, cela n’est rien d’autre qu’une petite brèche ouverte…

Didier Le Saout (maître de conférence, Université paris 8) : Le mouvement amazigh entre discours pour la promotion d’une identité et institutionnalisation

L’apparition d’un mouvement amazigh est concomitante au Maroc, en Algérie et en France sous des formes différentes. S’il n’est pas possible de dater exactement l’origine de l’affirmation identitaire amazighe, on peut cependant affirmer que la naissance d’un mouvement « berbère » ou « amazigh » remonte aux années 1960 en Algérie, au Maroc et dans l’émigration, notamment en France.

Si les premiers temps du mouvement amazigh sont faits d’actions conduites par des groupes isolés rassemblant quelques individus, la contestation s’élargit par la suite en Algérie comme au Maroc jusqu’à produire un discours critique de l’édification de l’Etat-nation issu de la décolonisation dans ces deux pays. Mais ce sont les manifestations caractérisées de « printemps berbère » qui éclatent en Kabylie qui donneront à la revendication identitaire toute sa visibilité.

La mobilisation sera accompagnée d’une institutionnalisation de la culture et de la langue berbère qui intéresse, aussi, le mouvement social. A partir de la fin 2010, dans le contexte des mouvements populaires qui se développent en Afrique du nord et au Moyen-Orient, la demande de reconnaissance de l’amazighité va être placée dans le débat constitutionnel. Ces événements provoquent différents types de réponse de la part des associations et des regroupements militants.

En France, les associations pour la défense de la berbérité placent le rapport aux institutions politiques au centre des positionnements mais dans un contexte différent. Elles fondent leur existence sur la construction d’une communauté berbère « de France » dont l’image est projetée dans le champ politique. L’objectif vise l’intégration des militants pour la défense de la berbérité dans la politique française.

Akiyo Afouda (Chargé des droits de l’homme, Union interparlementaire) : La contribution de l’Union interparlementaire à l’implication des parlementaires dans la promotion des droits des peuples autochtones

En tant que partie intégrante de la société, les peuples autochtones doivent jouir des mêmes droits que tous les autres citoyens. En vertu de ce principe fondamental, et suite à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, l’Union interparlementaire (UIP) s’est jointe aux efforts visant à faire prévaloir ce principe et à le matérialiser.

M. Akiyo Afouda, qui est en charge du dossier de l’Union interparlementaire consacré aux peuples autochtones, partagera son expérience et les réflexions qui entourent les activités de l’UIP dans ce domaine. Elles se déclinent en : actions de sensibilisation et d’information à l’intention des parlementaires et d’autres acteurs concernés, jusques et y compris la mise en œuvre d’un projet sur la question ; l’organisation de rencontres parlementaires internationales ; la participation aux fora internationaux sur les peuples autochtones ; et la réalisation d’enquête sur la représentation des peuples autochtones dans les parlements.

 

 

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GITPA : Le courrier semestriel des peuples autochtones (1/ 2015) est en ligne

COURRIER INTERNATIONAL DES PEUPLES AUTOCHTONES –1/ 2015 / à lire sur le site du GITPA en cliquant ici

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Cette lettre diffuse les informations reçues par le GITPA de janvier à décembre 2014. Elle concerne l’actualité des peuples autochtones (selon les critères retenus par le Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, approuvée par l’Assemblée Générale en septembre 2007). Les informations sont présentées par continent/pays et par thèmes (les Questions Autochtones).

 

 

 

 

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MISE EN LIGNE DE L’OUVRAGE : « La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre », sous la direction de Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (Version française 2013) // OPEN ACCESS : French version of « Making the Declaration work » book edited by Claire Charters and Rodolfo Stavenhagen (IWGIA 2009) is now available online (PDF)

arton559-df728La version française de l’ouvrage Making the Declaration Work : The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous peoples, dirigé par Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (IWGIA, 2009) est parue en 2013 sous le titre « La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre », aux éditions l’Harmattan. La coordination de l’édition française a été assurée par GITPA et SOGIP, avec un avant-propos d’Irène Bellier. Cette version est maintenant disponible au téléchargement.

Référence :

Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (dirs.), La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre. Traduction : Simone Dreyfus-Gamelon et Sabrina Melenotte. Coordination pour l’édition française : IWGIA-GITPA et SOGIP, Paris, L’Harmattan, 2013, collection horizons autochtones, 394 p. ISBN : 978-2-336-30514-1.

Le livre est disponible au téléchargement en intégralité (PDF) sur le site du programme SOGIP : cliquer ici

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OPEN ACCESS : French version of « Making the Declaration work » book edited by Claire Charters and Rodolfo Stavenhagen is now available online (PDF)

The French version of the book “Making the Declaration Work: The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples”, edited by Claire Charters and Rodolfo Stavenhagen (IWGIA, 2009) was published in 2013 under the title “La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre », published by L’Harmattan. The coordination of the French edition was provided by IWGIA and SOGIP, with a foreword by Irene Bellier. It is now available for download.

Reference:

Claire Charters et Rodolfo Stavenhagen (dirs.), La Déclaration des droits des peuples autochtones : Genèse, enjeux et perspectives de mise en œuvre. Traduction : Simone Dreyfus-Gamelon et Sabrina Melenotte. Coordination pour l’édition française : IWGIA-GITPA et SOGIP, Paris , L’Harmattan, 2013, collection horizons autochtones, 394 p. ISBN : 978-2-336-30514-1.

The Book is available for dowload in full from SOGIP program’s website, please click here

 

 

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