Séminaire Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones
organisé par Irène Bellier (IIAC/LAIOS) et Verónica González (CONACYT/LAIOS)
30 mars 2017 de 9h à 13h,
Salle du Conseil A, bât. Le France
190, av. de France 75013 Paris
Séance 6 – REPENSER L’EDUCATION A PARTIR DES EXPERIENCES AUTOCHTONES :
DILEMMES, PARADOXES ET POSSIBILITES POUR DES SYSTEMES EDUCATIFS ADAPTES

Cette séance sera l’occasion de présenter les analyses et les réflexions développées dans
trois ouvrages consacrés à l’éducation autochtone. Fruit de recherches collectives et
participatives, les livres présentés essaient d’établir un pont entre le champ de l’éducation et le besoin qu’ont les autochtones de déterminer leurs propres stratégies de subsistance et
leurs voies de développement.
La discussion de ces livres nous donnera des éléments pour comprendre l’éducation dans
un sens général, à savoir comme transfert de connaissances entre les générations en vue
de préparer la génération suivante à vivre dans une communauté particulière et dans le
monde, aujourd’hui globalisé. Nous nous pencherons également sur la complexité de la
notion d’éducation, tant pour identifier ce que veulent les personnes que pour dessiner le
type d’approche qui permettrait d’améliorer la situation éducative des peuples autochtones.
Finalement, on approchera l’éducation en tant que droit. Nous mettrons en question la
conception du droit à l’éducation autochtone et la problématique des systèmes propres
d’éducation. Il semble urgent de reconnaître la diversité des approches éducatives que
proposent les peuples autochtones comme des modèles viables et valides dont on peut tous apprendre.

Intervenants :
Irène Bellier, Directrice de recherches en anthropologie (CNRS, IIAC/LAIOS)
Jennifer Hays, Professeure associée en anthropologie, UIT Université arctique de Norvège
Emmanuelle Ricaud, Doctorante IIAC/LAIOS
Marie Salaün, Professeure d’anthropologie, Université René Descartes Paris
Bruno Baronnet, Professeur/chercheur en sociologie, Instituto de Investigaciones en Educación, Universidad Veracruzana (Xalapa, Mexique)

Résumés des interventions

  • Quelle éducation pour les peuples autochtones ?Irène Bellier, CNRS, IIAC/LAIOS-SOGIP
    Irène Bellier présentera le livre qu’elle a coordonné avec Jennifer Hays intitulé Quelle éducation pour les peuples autochtones », Paris : L’Harmattan, 2017.

Bien que de nombreux mécanismes internationaux soient censés garantir un droit à l’éducation pour chacun, cet ouvrage montre que les peuples autochtones sont partout en
lutte pour trouver une place et une voix dans les systèmes éducatifs qui sont dessinés par
les institutions dominantes pour les populations majoritaires. Certes l’éducation formelle peut donner accès aux compétences requises pour faire partie d’une société, travailler et
participer à l’espace public, mais cette éducation-là est aussi associée à la disparition des
cultures et des langues autochtones comme à la désuétude des savoirs traditionnels.
L’éducation représente ainsi un immense paradoxe.
Partout dans le monde, les peuples autochtones se sont mis à réfléchir à l’éducation qu’ils
souhaitent pour leurs enfants et à produire des savoirs sur leur propre société. Ils mettent en place des écoles et des centres d’apprentissage à l’intérieur des communautés résidentielles.
Ils proposent des approches alternatives à l’éducation nationale et s’appuient sur les langues maternelles, sur les cultures locales. Ils mobilisent des stratégies autonomes de transmission des savoirs et promeuvent leurs systèmes de valeurs. Quel type d’approche produit les meilleurs résultats pour les peuples autochtones ?

  • Owners of Learning : le lien entre éducation et autodétermination chez les chasseurs cueilleurs autochtones, en Afrique australe – Jennifer Hays, UIT, Université arctique de Norvège

Jennifer Hays présentera le livre qu’elle a consacré au Village Schools’ des Nyae Nyae, et
récemment publié. En s’appuyant sur près de 20 ans de travail et de recherche en Afrique
australe sur l’éducation autochtone, Hays décrit les défis auxquels sont confrontés les Nyae Nyae Ju|’hoansi et leurs « écoles de village » en Namibie. La situation de ces institutions qui représentent pour les communautés San un effort d’éducation en langue maternelle sera mise en perspective dans le contexte plus large des San en Afrique australe. L’auteure analysera comment, malgré d’énormes défis, la communauté Nyae Nyae continue de faire des choix éducatifs stratégiques fondés sur des options de subsistance réalistes. Elle nous proposera de réfléchir sur le type d’éducation susceptible de rapprocher les communautés des chasseurs-cueilleurs, comme les Ju|’hoansi et d’autres groupes San, de l’idéal de « l’auto-détermination » dans le monde moderne.
Plus d’informations sur le livre : ici

  • Limites et défis de l’éducation interculturelle bilingue en Amérique latine – Emmanuelle Ricaud (IIAC/LAIOS)

À partir des analyses et réflexions de Luis Enrique López et de Sheila Aikman issues de
l’ouvrage « Quelle éducation pour les peuples autochtones ? » et d’un travail de terrain
réalisé en Amazonie péruvienne (2010-2016), cette communication présentera les
particularités de l’éducation interculturelle bilingue en Amérique latine et les défis qu’elle
suppose en termes d’enjeux politiques et de modalités de mise en oeuvre. Malgré des
avancées légales et rhétoriques notoires au regard de l’éducation des peuples autochtones,
dans cette région, et la mise en place de dispositifs éducatifs interculturels les États-nations constituent, selon López, un obstacle majeur à l’éducation interculturelle bilingue qui y est promue, en raison d’une vision hégémonique de l’existence orientée vers le développement économique. Pour y remédier, il suggère une refonte structurelle de l’État-nation latinoaméricain tel qu’il existe aujourd’hui – y compris bolivien et équatorien – et l’adoption d’une nouvelle épistémologie du développement. Par ailleurs, en s’appuyant sur une étude qu’elle a menée auprès des Arakmbut, en Amazonie péruvienne, Sheila Aikman souligne la nécessité de la participation des peuples autochtones à la prise de décision pour ce qui concerne leur éducation – au sens large – face à l’interprétation restrictive et idéologique de l’éducation interculturelle bilingue par les institutions étatiques. Ces travaux nous inspirent des pistes de réflexion quant à l’avenir de l’éducation des peuples autochtones en Amérique du sud.

  • Éducations autochtones contemporaines- Marie Salaün (Université René Descartes Paris) et Bruno Baronnet (Universidad Veracruzana, Mexique)

Le dossier du numéro 15 des Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs intitulé
« Éducations autochtones contemporaines » réunit 9 contributions empiriquement situées qui interrogent les déclinaisons locales de la mise en oeuvre des grands principes du droit
international dans le champ de l’éducation autochtone (au Canada, en Equateur, au Mexique, en Guyane, à Hawaii, en Nouvelle-Calédonie, au Brésil, au Pérou, en Namibie). Les textes proposent, d’une part, des approches compréhensives et critiques d’un certain nombre d’expériences contemporaines en partant des conditions historiques de l’évolution des politiques indigénistes menées par les États au siècle passé dans le but de scolariser
l’ensemble des enfants autochtones pour les « civiliser » et les assimiler dans des sociétés
nationales dans lesquelles ils font encore souvent figure de citoyens de seconde zone. Ils
proposent, d’autre part, des éclairages particuliers pour comprendre la complexité des
relations entre les peuples autochtones et les communautés nationales dans lesquelles ils
ont été enfermés par le processus colonial. À la différence de la plupart des études
commanditées par les bailleurs de fonds pour répondre à leur besoin d’une évaluation des
performances des systèmes locaux, les travaux présentés dans ce dossier ré-enchâssent les
questions scolaires dans des déterminations plus globales, qu’il s’agisse des problèmes
structurels qu’affrontent au quotidien les peuples autochtones dans le champ de
l’enseignement ou de leur rapport aux différents types de savoirs qu’ils doivent désormais
maîtriser.

Prochaines séances :
16 mai 2017 (séance supplémentaire organisée avec le laboratoire MESO, salle à confirmer) :
« La lucha territorial de los Mayas del sur de Belice », présentation par Anita Tzec, Leiden
University

8 juin 2017 (supplémentaire) : Les droits des peuples autochtones. Des Nations unies aux sociétés locales (salle 8, 105 bvd. Raspail).

> Présentation de l’ouvrage par Irène Bellier (CNRS/SOGIP), Leslie Cloud (SOGIP), Laurent Lacroix (SOGIP)

Présentation générale du séminaire
À la suite des travaux réalisés par l’équipe SOGIP (ERC 249 236, 
LAIOS) qui, pendant 5 ans a examiné les perspectives ouvertes par 
l’adoption, en 2007, de la Déclaration des Nations unies sur les 
droits des peuples autochtones (DDPA), nous poursuivons la réflexion 
sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus 
globaux ». Nous nous intéressons aux acteurs politiques autochtones, 
à leurs prises de position dans différents scénarios de la 
gouvernance mondiale, ainsi qu’aux situations localisées révélatrices 
de l’impact des méga-agents du changement (sociétés transnationales, 
extractives). Les années précédentes, nous avons exploré de manière 
comparative,et à partir d’études de cas contextualisées, les 
questions de reconnaissance légale, de développement et de 
territorialité, d’éducation, de citoyenneté et de participation 
politique, parce qu’elles posent les sujets autochtones dans leurs 
relations à l’État et aux institutions internationales.
Nous avons abordé certains enjeux d’importance en matière de droits 
des peuples autochtones pour comprendre leurs demandes et parfois 
leurs positions de négociation, par exemple en matière de 
patrimonialisation et de propriété intellectuelle, de genre, de 
justice, de changement climatique et de développement durable. 
Grâce à une approche pluridisciplinaire, les analyses montrent que 
les questions de droits de peuples autochtones ne portent pas 
seulement sur des enjeux spécifiques : elles définissent un horizon 
de réflexion sur les conditions de possibilités de se gouverner 
soi-même et sur les frontières de l’autonomie.
2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle du Conseil A, R-1, bât. 
Le France, 190 av de France 75013 Paris), du 10 novembre 2016 
au 11 mai 2017. Les séances des 8 décembre 2016 et 9 mars 2017 
se dérouleront en salle 015 (même adresse). Séance supplémentaire 
le 30 mars 2017 (salle du conseil A, bât. Le France)

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CNCDH – Avis sur la place des peuples autochtones dans les territoires ultramarins francais

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a publié un avis daté du 23 février 2017 intitulé « La place des peuples autochtones dans les territoires ultramarins francais : la situation des Kanak de Nouvelle-Calédonie et des Amérindiens de Guyane »

Au lendemain de l’adoption de la loi pour l’égalité réelle des outre-mer que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) salue, la CNCDH souhaite apporter un éclairage sur la situation spécifique des peuples autochtones en outre-mer et appelle l’Etat français à clarifier sa position en faveur de la reconnaissance de ces peuples en tant que tels.

La CNCDH considère que :

– le principe d’indivisibilité de la République est compatible avec la reconnaissance des droits individuels et collectifs des peuples autochtones.

– l’efficacité des politiques publiques est subordonnée à une pleine reconnaissance des spécificités des peuples autochtones.

-l’’Etat doit en particulier garantir le respect du droit de participer à la prise de décision.

L’avis sur les peuples autochtones ultramarins sera intégré dans une large étude sur l’effectivité des droits de l’homme dans les outre-mer. L’ouvrage sera publié au début de l’année 2018.

L’avis complet de la CNCDH

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EMPI 2017 (1-2 juin 2017) – Appel à communications : 20 mars 2017

DILEMMAS OF LEGAL PLURALISM

Eighth Multidisciplinary Workshop on Indigenous Peoples (EMPI)

Legal Pluralism refers to a context in which two different legal systems interact and coexist. Both legal orders are valid as to their foundation and legitimacy. The recognition of the existence of indigenous law is one of the main achievements by indigenous peoples themselves in the last decades both at domestic and at international level. Indigenous legal systems have struggled for survival for centuries in a context in which the hegemonic legal systems of nation-states imposed and “colonized” indigenous legal orders. Both domestic Constitutions and ILO Convention 169 (1989) and the UN Declaration on the rights of indigenous peoples (2007) acknowledge the legitimacy of indigenous legal systems, but refer to international human rights as the limit to the application of indigenous law. This workshop is aimed at analyzing the process of recovery of indigenous legal systems, and the social, political and communal dilemmas posed when these local systems have to coexist both with state law and with international human rights law.

The areas of interest of the workshop are: -Legal pluralism and new colonialisms -Coexistence and coordination between indigenous and state legal systems -Indigenous justice systems -Indigenous law and the rights of indigenous women -Jurisprudence on indigenous peoples -Indigenous law, inter-culturalism and human rights -New Latin American constitutionalism and legal pluralism.

The Scientific Committee will also consider proposals developing other issues relevant to indigenous peoples.

Call for papers

Paper proposals (max. 300 words) in Spanish, English or Euskera are welcome to be submitted by email to: jornadaempi@gmail.com before 20 March 2017. A CV summary (max. 100 words) will also be included. By 12 April 2017, proposers will be notified whether their proposal has been accepted Place: University of Deusto (Bilbao, The Basque Country, Spain) Dates: 1 and 2 June 2017 Registration: there is no conference fee. Travel and accommodation are covered by the participants. Registration to attend the workshop has to be made sending an email to:

jornadaempi@gmail.com

Scientific Committee

Amelia Alva, Human Rights Centre, Ghent University, Bélgica Roberto Cammarata, Università degli Studi di Milano, Italia Felipe Gómez Isa, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Isabel Inguanzo, Universidad Loyola Andalucia, Sevilla Salvador Martí i Puig, Universitat de Girona, España Asier Martinez de Bringas, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Silvia Ordoñez Ganoza, Universidad Privada del Norte, Trujillo, Perú Marzia Rosti, Università degli Studi di Milano, Italia Andrea Ruíz Balzola, Consultoría, Investigación y Formación en Diversidad y Migraciones, Bilbao Chiara Scardozzi, Università “La Sapienza” Roma, Italia Alexandra Tomaselli, Accademia Europea Bolzano/Bozen, Italia & Karl-Franzens Universität Graz, Austria Sara Mabel Villaba, Universidad Nacional de Asunción (UNA), Paraguay Gorka Urrutia Asua, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Universidad de Deusto, España Claire Wright, Universidad de Monterrey, México

EMPI VIII Organizing Committee

Andrea Ruíz Balzola, Consultoría, Investigación y Formación en Diversidad y Migraciones, Bilbao Felipe Gómez Isa, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Asier Martinez de Bringas, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Gorka Urrutia Asua, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Yesica Álvarez, Universidad del Pais Vasco

DILEMAS DEL PLURALISMO JURÍDICO

Octavo Encuentro Multidisciplinar sobre Pueblos Indígenas (EMPI)

El Pluralismo Jurídico es aquel contexto en el que se dialectizan y se cruzan dos sistemas jurídicos diferentes y autónomos, pero que coexisten en el mismo campo social, cada uno válido por sí mismo en lo que a fundamento, validez y legitimidad hace referencia. El reconocimiento de la existencia de un Derecho indígena propio es uno de los principales avances conseguidos por los pueblos indígenas en las últimas décadas tanto a nivel interno como en el ámbito internacional. Los sistemas jurídicos indígenas han luchado por sobrevivir durante siglos en un contexto en el que los ordenamientos jurídicos hegemónicos de los Estados lograron imponerse y “colonizar” los Derechos indígenas. Tanto las Constituciones de muchos países como el Convenio 169 de la OIT y la Declaración de las Naciones Unidas sobre los derechos de los pueblos indígenas (2007) reconocen la legitimidad de los sistemas jurídicos indígenas, pero establecen los derechos humanos internacionalmente protegidos como límite para la aplicación de dichos sistemas jurídicos. Este Encuentro pretende analizar el proceso de recuperación de los Derechos indígenas y los dilemas sociales, políticos y comunitarios que se plantean cuando estos sistemas jurídicos tienen que convivir con el Derecho del Estado y con el Derecho internacional de los derechos humanos.

Estos son los ejes temáticos sobre los que se estructura el Encuentro: -Pluralismo Jurídico y nuevos colonialismos -Coexistencia y coordinación entre los Derechos indígenas y los Derechos estatales (Interlegalidad) -Sistemas indígenas de aplicación de justicia -Derecho indígena y derechos de las mujeres indígenas -Jurisprudencia sobre pueblos indígenas -Derecho indígena, interculturalidad y derechos humanos -Nuevo constitucionalismo latinoamericano y Pluralismo Jurídico.

Además de las áreas temáticas enunciadas, el Comité Científico valorará otras propuestas que aborden otras cuestiones indígenas.

Convocatoria de Comunicaciones

Las personas interesadas en presentar una comunicación deberán enviar un resumen (máximo 300 palabras), junto con un breve CV, en castellano, euskera o inglés hasta el 20 de marzo a la siguiente dirección: jornadaempi@gmail.com El 12 de abril se comunicará si la propuesta ha sido aceptada Lugar: Universidad de Deusto (Bilbao, País Vasco, España) Fecha: 1 y 2 de junio de 2017 Registro: es gratuito, y se realiza enviando un correo electrónico a la siguiente dirección:

jornadaempi@gmail.com

Comité Científico

Amelia Alva, Human Rights Centre, Ghent University, Bélgica Roberto Cammarata, Università degli Studi di Milano, Italia Felipe Gómez Isa, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Isabel Inguanzo, Universidad Loyola Andalucia, Sevilla Salvador Martí i Puig, Universitat de Girona, España Asier Martinez de Bringas, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Silvia Ordoñez Ganoza, Universidad Privada del Norte, Trujillo, Perú Marzia Rosti, Università degli Studi di Milano, Italia Andrea Ruíz Balzola, Consultoría, Investigación y Formación en Diversidad y Migraciones, Bilbao Chiara Scardozzi, Università “La Sapienza” Roma, Italia Alexandra Tomaselli, Accademia Europea Bolzano/Bozen, Italia & Karl-Franzens Universität Graz, Austria Sara Mabel Villaba, Universidad Nacional de Asunción (UNA), Paraguay Gorka Urrutia Asua, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Universidad de Deusto, España Claire Wright, Universidad de Monterrey, México

Comité Organizador

Andrea Ruíz Balzola, Consultoría, Investigación y Formación en Diversidad y Migraciones, Bilbao Felipe Gómez Isa, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Asier Martinez de Bringas, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Gorka Urrutia Asua, Instituto de Derechos Humanos Pedro Arrupe, Univ. Deusto Yesica Álvarez, Universidad del Pais Vasco

APPEL COMPLET

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Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones – séance 5 : jeudi 9 mars 2017

Nous avons le plaisir de vous inviter à la cinquième séance pour l’année 2016-2017 du séminaire  

Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones 

organisé par Irène Bellier (IIAC/LAIOS) et Verónica González González (CONACYT/LAIOS)

9 mars 2017 de 9h à 13h, Salle 015 (attention changement de salle), EHESS : 190, av. de France 75013 Paris

« Justice restitutive » ? 

Éclairage anthropologique et approche juridique 
de la question des déplacements forcés en Colombie. 

Introduction au système interaméricain des droits de l’homme et 
à la Déclaration américaine des droits des peuples autochtones.

 PROGRAMME

Éclairage anthropologique du « déplacement forcé » des peuples autochtones à partir d’un terrain guajiro (Colombie) – Anna Schmit ( IIAC/LAIOS)

La communication a pour but d’éclairer différentes situations de déplacements forcés, à partir d’une ethnographie basée sur des données récoltées lors d’un terrain long (2011-2015) mené auprès de militant.e.s d’une association locale de victimes wayúu. Elle mettra en exergue les mécanismes qui ont conduit les militant.e.s au déplacement et à l’auto-identification à la catégorie de « victime », car ils sont significatifs d’un changement dans les dynamiques relationnelles de ce peuple avec l’extérieur (étranger, colombien, représentant institutionnel). En effet, guerriers et fins négociateurs, ayant su maintenir, de la Conquête au 20e siècle, une forte autonomie face à un État émergent, les Wayúu, Indios goajiros, peuplant la péninsule de La Guajira, sont, aujourd’hui, perçus et se perçoivent « victimes », « déplacé.e.s » et « vulnérables ». Plus de quatre mille enfants wayúu seraient morts, depuis les années 2000, de déshydratation et de malnutrition dans cette région aride qui a été, à l’aune du 21e siècle, le théâtre de grands bouleversements affaiblissant l’auto-détermination wayúu. Deux facteurs, l’emboitement de conflits interfamiliaux aux logiques nationales du conflit armé et la concrétisation de projets miniers de grande ampleur, ont brisé l’ « économie morale » prévalant dans la région et ce faisant, ont obligé la population locale à recourir à de nouvelles logiques de perception, d’identification et d’action politique les menant à se déplacer et à se constituer « victimes » face à l’État colombien. En examinant le cas concrets des déplacements wayúu, cette communication propose d’explorer les correspondances, ou au contraire les discordances, entre la réalité du déplacement, la production normative visant à protéger les personnes des déplacements et leurs effets sur des destins individuels et collectifs.

Forced displacement of indigenous peoples in Colombia – Felipe Gómez Isa (Université Deusto)

The creation of more than 3 million of internally displaced people (IDPs) and the subsequent territorial expropriation in the context of the internal armed conflict in Colombia do constitute both a humanitarian and a human rights tragedy. Indigenous peoples and afro-descendant have been especially affected by forced displacement and loss of their ancestral territories. Some of them are in a situation very close to extinction. International and domestic legal standards have progressively developed the rights of victims to truth, justice, reparation and guarantees of non-repetition. Restitutive justice, a human rights approach, and a differential attention are essential ingredients for a consistent public policy to deal adequately with IDPs, especially those of an indigenous origin, given their special relationship with land and territory. The current peace process can be considered as a window of opportunity for the protection of the rights of indigenous IDPs.

Felipe Gómez Isa is Professor of Public International Law at the Institute of Human Rights of the University of Deusto (Bilbao, The Basque Country, Spain). He has written extensively on indigenous peoples’ rights, particularly from an international legal perspective. He is Director of the United Nations Fellowship Programme for Indigenous Leaders coming from Latin America (2000-2017). He is also a member of the working group of the International Law Association (ILA) for the implementation of the rights of indigenous peoples.

La Déclaration américaine des droits des peuples autochtones : élaboration et perspectives d’un instrument controversé – Leandro Varison (LAJP, Paris 1)

Si la Cour interaméricaine des droits de l’homme est l’un des mécanismes les plus progressistes et innovants en matière de protection des droits des peuples autochtones, l’Organisation des États américains, en revanche, ne s’était jamais dotée d’un traité international concernant spécifiquement ces droits. En juin dernier, après 17 ans de délibération intergouvernementale, l’OEA a finalement adopté la Déclaration américaine des droits des peuples autochtones.

Issu d’un parcours agité, pendant lequel les représentants autochtones ont du se battre contre les délégations de plusieurs États, ce nouvel instrument a reçu un accueil mitigé de la part de ses destinataires. Certaines organisations autochtones ont célébré l’adoption de la Déclaration tandis que d’autres refusent d’accorder une quelconque légitimité à ce texte, considéré conservateur en comparaison avec d’autres instruments internationaux, notamment son équivalent onusien.

En dépit des critiques dont il est l’objet, nous pouvons imaginer les perspectives de mobilisation des droits prévus dans la nouvelle Déclaration américaine, ainsi que son appropriation par les peuples autochtones du continent et l’influence qu’il exercera sur les jurisprudences nationales et régionales.

Leandro Varison, enseignant-chercheur au Laboratoire d’anthropologie juridique de Paris/Université Paris 1 ; juriste du programme Droits des peuples à la Fondation France Libertés.

Présentation générale du séminaire

À la suite des travaux réalisés par l’équipe SOGIP (ERC 249 236, LAIOS) qui, pendant 5 ans a examiné les perspectives ouvertes par l’adoption, en 2007, de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Nous nous intéressons aux acteurs politiques autochtones, à leurs prises de position dans différents scénarios de la gouvernance mondiale, ainsi qu’aux situations localisées révélatrices de l’impact des méga-agents du changement (sociétés transnationales, extractives). Les années précédentes, nous avons exploré de manière comparative, et à partir d’études de cas contextualisées, les questions de reconnaissance légale, de développement et de territorialité, d’éducation, de citoyenneté et de participation politique, parce qu’elles posent les sujets autochtones dans leurs relations à l’État et aux institutions internationales. Nous avons abordé certains enjeux d’importance en matière de droits des peuples autochtones pour comprendre leurs demandes et parfois leurs positions de négociation, par exemple en matière de patrimonialisation et de propriété intellectuelle, de genre, de justice, de changement climatique et de développement durable. Grâce à une approche pluridisciplinaire, les analyses montrent que les questions de droits de peuples autochtones ne portent pas seulement sur des enjeux spécifiques : elles définissent un horizon de réflexion sur les conditions de possibilités de se gouverner soi-même et sur les frontières de l’autonomie.

2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle du Conseil A, R-1, bât. Le France, 190 av de France 75013 Paris), du 10 novembre 2016 au 11 mai 2017.  Les séances des 8 décembre 2016 et 9 mars 2017 se dérouleront en salle 015 (même adresse). Séance supplémentaire le 30 mars 2017 (salle du conseil A, bât. Le France)

Prochaines séances 

30 mars 2017 (supplémentaire): Quelle éducation pour les peuples autochtones ?

-Bruno Baronnet, Professeur/chercheur en sociologie, Instituto de Investigaciones en Educación, Universidad Veracruzana (Xalapa, Mexique)

-Irène Bellier, Directrice de recherches en anthropologie (CNRS, IIAC/LAIOS)

-Jennifer Hays, Professeur associée en anthropologie, UIT Université arctique de Norvège

-Marie Salaün, Professeure d’anthropologie, Université René Descartes Paris

16 mai 2017 (supplémentaire) : séance conjointe des séminaires MESO et SOGIP/LAIOS, co-organisé avec Odile Hoffmann (IRD)

  • Anita Tzec, Université de Leiden  : La lucha territorial de los Mayas del sur de Belice

8 juin 2017 : Les droits des peuples autochtones. Des Nations unies aux sociétés locales. (salle 8, 105 bvd. Raspail)

-Irène Bellier (CNRS/SOGIP)

-Leslie Cloud (SOGIP)

-Laurent Lacroix (SOGIP)

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire et des événements organisés par SOGIP, veuillez envoyer un mail à : ibellier@ehess.fr

Pour plus d’informations sur le groupe de recherche SOGIP et le séminaire consultez http://www.sogip.ehess.fr/

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Conférence « sur les traces des Samis de Finlande », musée du Quai Branly, 4 mars 2017

photosamiDestinée à tous, chercheurs, étudiants et grand public, la conférence sera ouverte par la secrétaire d’État finlandaise Paula Lehtomäki. Le colloque se composera de trois tables rondes consacrées à la question des Samis, dernier peuple autochtone d’Europe. Dans la première partie, les intervenants se focaliseront sur l’héritage culturel des Samis et sa préservation.  Les questions de la reconnaissance de droits spécifiques et du droit à réparation seront débattues dans la seconde partie. La dernière sera consacrée à une discussion sur le chamanisme, en présence également du journaliste et écrivain Olivier Truc, auteur du Dernier Lapon. Les trois tables rondes seront modérées par Mme Jeannette Bougrab, Directrice de l’Institut Français de Finlande.

Programme  

11:30     Ouverture

  • Mme Jeannette BOUGRAB, directrice de l’Institut Français de Finlande
  • Mme Anu AVASKARI, présidente du Conseil municipal, Ville d’Inari, Finlande
  • Mme Tiina SANILA-AIKIO, présidente du Parlement Sámi, Finlande
  • Mme Paula LEHTOMÄKI, Secrétaire d’État, Finlande

12:00  L’héritage culturel des Samis et de sa préservation dans la société moderne

  • M. Veli-Pekka LEHTOLA, PhD. Ph, Institut Giellagas, Université d’Oulu
  • Mme Marja-Liisa OLTHUIS, PhD, Université d’Oulu
  • Mme Stéphanie STOLL, Présidente de l’école Diwan

14:45 La politique sociale et l’identité Sámi : Que signifie être lapon aujourd’hui ?

  • Mme Sanna VALKONEN, professeur adjoint, Université de Laponie
  • Mme Anne NUORGAM, membre de l’Instance permanente sur les questions autochtones des Nations Unies, chercheur, Université de Laponie
  • M. Vesa PUURONEN, professeur en sociologie, Université d’Oulu

16:30    Le chamanisme et le symbolisme des tambours noaïdi

  • M. Francis JOY, chercheur Sámi, Université de Laponie
  • M. Olivier TRUC, écrivain, journaliste Le Monde
  • Mme Esther BERELOWITSCH, artiste et photographe

sources : GITPA et Musée du Quai Branly

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Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone », EPHE (Paris), 7 mars 2017

Journée d’étude De « l’indien » à « l’autochtone » Appréhension de l’altérité et circulation de modèles classificatoires

Mardi 7 mars – Salle 115 – EPHE, 190, av de France – Paris 13e

vignette-indiens-je-7marsOrganisée dans le cadre de l’Axe 1                « Américanisation et américanité : dynamiques spatio-temporelles et enjeux multiculturels »

À partir de l’époque de la conquête, les occupants du continent américain ont fait l’objet de diverses classifications de la part des Européens. Ce processus, qui s’est accentué au cours du 19e siècle, a débouché sur la construction d’une image de l’indien qu’on peut dire générique, mais qui assume cependant des contours différents selon les projets nationaux. La journée d’étude vise à ouvrir un espace de discussion entre anthropologues et historiens, spécialistes de plusieurs pays américains, autour cette thématique à partir de quatre axes de réflexion. Tout d’abord, il s’agit d’explorer, dans une perspective comparative, la constitution de la catégorie « indien » ou « indigène » et de ses variations en considérant le rôle joué par l’État. Ensuite, nous proposons de développer une réflexion sur la contribution de nos disciplines à son élaboration et de tenter de comprendre son impact sur la perception actuelle de l’altérité. En troisième lieu, nous souhaitons examiner comment s’est diffusé ce modèle, qui se caractérise par une figure à la fois unique, et dans le même temps assez flexible pour être présentée de diverses façons. Enfin, nous chercherons à identifier les parallèles entre les processus de création de l’« indien » et de l’« autochtone » et à saisir les enjeux du passage de la première à la seconde catégorie. En d’autres termes, nous voulons discuter les différentes figures de l’indianité, celles véhiculées par les discours politiques, celles forgées par les dispositifs juridiques, ou encore celles nées de l’imaginaire créé par la production scientifique et littéraire, en cherchant à saisir les relations qui les unissent et la façon dont elles se modifient au contact les unes des autres.

Programme

9h30 Accueil des participant-e-s

10h – Introduction : Véronique Boyer (CNRS, CRBC-Mondes Américains) et Élise Capredon (postdoctorante Legs Lelong, CRBC-Mondes Américains)

10h20 – Carmen Salazar (CNRS, CERMA-Mondes Américains)
« D’Indien à Peuple Indigène au Pérou andin »

10h45 – Aliocha Maldavsky (Université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense, ESNA-Mondes Américains)
« L’indien dépossédé et le conquistador dévot. Théologie morale, restitution et charité dans les Andes au XVIe siècle »

11h10 Pause-café

11h25 – Christophe Giudicelli (Université de Rennes 2, CNRS-CREDA)
« Un bon Indien est un Indien disparu. Antiquité indienne et invisibilisation des populations autochtones. Vallées Calchaquies (Fin XIXe) »

11h50-12h20 – Discussion des interventions : Jacques Poloni-Simard (EHESS, CERMA-Mondes Américains) et Cédric Yvinec (CNRS, CRBC-Mondes Américains)

12h20-12h45 Débat

12h45 Pause déjeuner

14h30 – Céline Planchou (Université Paris 13, Pléiade)
« De la catégorie ‘indien’ aux États-Unis, XIXème-XXème siècles »

14h55 – Paula López Caballero (Universidad Nacional Autónoma de México, Centro de Investigaciones Interdiciplinarias en Ciencias Humanas)
« La catégorie ‘indígena’ au Mexique, un legs inattendu de l’anthropologie et de l’indigénisme postrévolutionnaires ? »

15h20 Pause-café

15h35 – Jean-Philippe Belleau (University of Massachusetts)
« La vie sociale des taxinomies. Une perspective comparative entre le Brésil et l’Inde »

16h00 – Discussion des interventions : Irène Bellier (CNRS, LAIOS) et Anne-Marie Losonczy (EPHE, CERMA-Mondes Américains)

16h40-17h30 – Débat conclusif

17h30 – Pot amical

Page web et programme de la journée (ici)

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Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones-Séance 4, 9 février 2017 de 9h à 13h, EHESS

Nous avons le plaisir de vous inviter à la quatrième séance pour l’année 2016-2017 du séminaire  

Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones 

organisé par Irène Bellier (IIAC/LAIOS) et Veronica Gonzalez (CONACYT/LAIOS)

9 février 2017 de 9h à 13h, salle du Conseil A, bât. Le France, EHESS : 190, av. de France 75013 Paris

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Vitrine Asie, Galerie des Continents, Muséum de Rouen / © Muséum de Rouen. Mise en scène par Agus Koecink et Jenny Lee, deux artistes indonésiens

Peuples autochtones, musées et circulation / restitution des objets

Au carrefour entre les processus de formation de la mémoire et les pratiques du quotidien, entre expression artistique et reproduction du sacré, entre mise en valeur de la culture par les acteurs externes aux communautés et production d’un patrimoine populaire capable de créer de la cohésion à l’intérieur d’un groupe, les objets autochtones se trouvant dans les musées incarnent des enjeux fondamentaux qui seront mis en lumière par les présentations que nous écouterons à l’occasion de cette séance.

Ayant circulé dans des réseaux dominés par une géopolitique dictée par les sciences, par les structures économiques et par les grandes collections d’art, ces objets ont subi un double effet d’éloignement par rapport à leur milieu de création: à la fois physique, car ils se trouvent souvent à des milliers de kilomètres de distance, et symbolique, les groupes concernés n’étant la plupart du temps pas associés à l’élaboration des expositions ou à la conception des musées qui les mettent en scène. Des entreprises de récupération de tels objets ont vu le jour depuis plusieurs décennies, souvent sans avoir les résultats souhaités par les peuples autochtones concernés. Aujourd’hui, les demandes de restitution semblent prendre un nouvel élan grâce aux développements politiques favorables aux peuples autochtones et aux évolutions des pratiques dans le champ de l’art et du culturel. Ces changements mettent en question la conception des expressions artistiques, tout en ménageant une place pour que les artistes autochtones puissent prendre part à la présentation de leur art et de leur patrimoine.

Les trois études de cas qui seront présentées dans cette séance permettront d’approfondir les problématiques et les questions concrètes impliquées dans la décolonisation de la circulation artistique et des musées.

Intervenants

– Renato ATHIAS, Professeur d’anthropologie à l’Université de Pernambouc, directeur de NEPE – centre d’analyses des relations inter-ethniques

Sébastien MINCHIN, Directeur Muséum d’histoire naturelle de Rouen, Réunion des Musées Métropolitains

Damiana OTOIU, Maîtresse de conférences en anthropologie politique à la Faculté de Sciences Politiques de l’Université de Bucarest et coordinatrice du projet de recherche Museums and Controversial Collections

Résumés des interventions

Les Amérindiens, la patrimonialisation des objets et les stratégies de renforcement identitaire dans l’actualité brésilienne – Renato Athias

La communication traitera de la notion de patrimonialisation pour un ensemble d’objets ethnographiques qui ont été recueillis chez les Amérindiens du Nord-Ouest Amazonien. Se trouvant aujourd’hui en Europe, ils font toujours partie de la tradition et de la culture vivante des sociétés concernées. L’analyse de ces situations met l’accent sur un enjeu mémoriel et identitaire qui compte dans la relation des peuples autochtones avec l’État. Les objets et le patrimoine culturel constituent en effet le support privilégié de la construction des mémoires collectives, aptes à renforcer des affirmations identitaires dans un contexte de relations interethniques. Nous nous interrogerons sur la place de ce dispositif dans la gouvernance actuelle des questions autochtones au Brésil.

 

Le muséum durable : une éthique de responsabilité vis à vis des peuples autochtonesSébastien Minchin

En engageant la démarche de restitution d’une tête maorie à la Nouvelle-Zélande, le Muséum de Rouen a déclenché une véritable polémique, nécessaire pour engager de vraies réflexions sur le statut juridique, la restitution, la conservation et l’inaliénabilité des restes humains. Elle a aussi mis en exergue la question de nos relations avec les peuples dits autochtones et la façon dont nous considérons leurs revendications. Enfin, elle a permis de redonner au muséum de Rouen le rôle d’acteur dans notre société.

« Il semble que la biologie redevienne le facteur utilisé pour identifier qui est qui… ». Les musées sud-africains et les collections d’anthropologie physique à l’ère génomique – Damiana Otoiu

Depuis la fin du régime d’apartheid, les collections d’anthropologie physique des populations San et Khoekhoe sont au cœur d’une série de demandes de restitution. Il s’agit tant de demandes internationales, formulées par les représentants de l’Etat sud-africain à l’égard des musées européens, que des demandes nationales, formulées par des représentants des populations autochtones à l’égard des laboratoires sud-africains de paléoanthropologie et d’anatomie.
A partir du cas de la dé-muséification de certains restes humains gardés dans des musées et laboratoires français et sud-africains, je me propose d’analyser la (re)construction des normes et politiques muséales de deux perspectives interconnectées : politique et épistémologique. Je m’intéresse tout particulièrement à la place qu’occupe la génomique dans les débats scientifiques et publics autour des collections d’anthropologie physique et à l’usage qu’on en fait pour répondre à des questions qui semblent insolubles et qui deviennent de plus en plus politisées. Par exemple, quels groupes autochtones pourraient être considérés comme des « communautés descendantes » et auraient donc le droit de réclamer le retour des restes humains et de décider l’avenir des restes ?

Présentation générale du séminaire

À la suite des travaux réalisés par l’équipe SOGIP (ERC 249 236, LAIOS) qui, pendant 5 ans a examiné les perspectives ouvertes par l’adoption, en 2007, de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DDPA), nous poursuivons la réflexion sur les articulations entre « questions autochtones » et « processus globaux ». Nous nous intéressons aux acteurs politiques autochtones, à leurs prises de position dans différents scénarios de la gouvernance mondiale, ainsi qu’aux situations localisées révélatrices de l’impact des méga-agents du changement (sociétés transnationales, extractives). Les années précédentes, nous avons exploré de manière comparative, et à partir d’études de cas contextualisées, les questions de reconnaissance légale, de développement et de territorialité, d’éducation, de citoyenneté et de participation politique, parce qu’elles posent les sujets autochtones dans leurs relations à l’État et aux institutions internationales. Nous avons abordé certains enjeux d’importance en matière de droits des peuples autochtones pour comprendre leurs demandes et parfois leurs positions de négociation, par exemple en matière de patrimonialisation et de propriété intellectuelle, de genre, de justice, de changement climatique et de développement durable. Grâce à une approche pluridisciplinaire, les analyses montrent que les questions de droits de peuples autochtones ne portent pas seulement sur des enjeux spécifiques : elles définissent un horizon de réflexion sur les conditions de possibilités de se gouverner soi-même et sur les frontières de l’autonomie.

2e jeudi du mois de 9 h à 13 h (salle du Conseil A, R-1, bât. Le France, 190 av de France 75013 Paris), du 10 novembre 2016 au 11 mai 2017.  Les séances des 8 décembre 2016 et 9 mars 2017 se dérouleront en salle 015 (même adresse). Séance supplémentaire le 30 mars 2017 (salle du conseil A, bât. Le France)

Prochaines séances 

9 mars 2017 : Contrastes contemporains concernant la justice et les peuples autochtones: le déplacement forcé et la Déclaration américaine des droits des peuples autochtones (salle 015)

-Felipe Gómez Isa, professeur de Droit international, Instituto de Derechos Humanos, Universidad de Deusto à Bilbao

-Leandro Varison, enseignant-chercheur LAJP/Sorbonne, Responsable juridique du Programme droits des peuples France Libertés

-Anna Schmit, jeune chercheure associée au IIAC/LAIOS

30 mars 2017 (supplémentaire): Quelle éducation pour les peuples autochtones ?

-Bruno Baronnet, Professeur/chercheur en sociologie, Instituto de Investigaciones en Educación, Universidad Veracruzana (Xalapa, Mexique)

-Irène Bellier, Directrice de recherches en anthropologie (CNRS, IIAC/LAIOS)

-Jennifer Hays, Professeur associée en anthropologie, UIT Université arctique de Norvège

-Marie Salaün, Professeure d’anthropologie, Université René Descartes Paris

8 juin 2017 : Les droits des peuples autochtone en pratique. Etude comparative et multiscalaire (salle 8, 105 bvd. Raspail)

-Irène Bellier (CNRS/SOGIP)

-Leslie Cloud (SOGIP)

-Laurent Lacroix (SOGIP)

Si vous souhaitez recevoir les nouvelles du séminaire et des événements organisés par SOGIP, veuillez envoyer un mail à : ibellier@ehess.fr

Pour plus d’informations sur le groupe de recherche SOGIP et le séminaire consultez http://www.sogip.ehess.fr/

 

 

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